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04/04/2016 11:12 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

RDC: appel à la libération d'enfants détenus dans une prison de haute sécurité

L'organisation de défense des droits de l'Homme américaine Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi à la libération immédiate d'une trentaine d'enfants détenus selon elle illégalement dans une prison militaire du nord-ouest de la République démocratique du Congo.

"L'armée nationale congolaise détient illégalement au moins 29 enfants dans de rudes conditions" à la prison d'Angenga (établissement de haute sécurité coupé du monde dans une zone de forêt marécageuse dans la province de la Mongala), écrit HRW dans un communiqué.

L'ONG exhorte les autorités à "libérer immédiatement les enfants et les adultes (...) qui n'ont commis aucun crime et inculper les autres de manière équitable".

Selon HRW, ces 29 enfants appartiennent à un groupe de 262 ressortissants congolais, rwandais ou burundais accusés d'appartenir au mouvement rebelle hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), arrêtés dans l'est de la RDC entre février et juin 2015.

Tous les membres de ce groupe ont été transférés par la suite à la prison militaire d'Angenga où les conditions de détention sont "déplorables", particulièrement pour les enfants qui sont obligés de cohabiter avec les adultes, ajoute HRW.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a qualifié d'"impropre" le terme de "détention" utilisé par HRW. "Ces ex-FDLR en transit à Angenga ne sont pas en détention", a-t-il affirmé, ajoutant qu'ils étaient "dans un centre de tri".

Pour M. Mende, il s'agit d'ex-combattants qui ont "opéré dans un groupe armé hostile" à la RDC et qui sont "en route" pour leurs pays respectifs, faute d'avoir un titre de séjour régulier en RDC.

Selon HRW, "la plupart des prisonniers interrogés [à Angenga], dont 17 enfants, ont affirmé être des civils et n'avoir aucun lien avec les FDLR". "D'autres ont reconnu avoir appartenu aux FDLR mais ont affirmé avoir été démobilisés il y a des mois, voire des années, et s'être réinsérés dans la vie civile", ajoute l'ONG.

Les FDLR ont été créés en RDC par des Hutus rwandais réfugiés dans l'est de la RDC après le génocide de 1994 au Rwanda, auquel un certain nombre d'entre eux sont accusés d'avoir pris une part active.

Opposés au président rwandais Paul Kagame, les FDLR sont accusés de commettre régulièrement de nombreuses violations graves des droits de l'homme en RDC, où ils ont pris racine au fil des ans.

bmb/mj/de