NOUVELLES
04/04/2016 07:02 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Paradis fiscaux: le premier ministre islandais refuse de démissionner

REYKJAVIK, Islande — Le premier ministre islandais a répété, lundi, qu'il ne démissionnera pas dans la foulée de la publication d'une enquête internationale approfondie le liant à une entreprise extraterritoriale qui le placerait en sérieux conflit d'intérêt.

Plusieurs médias ont révélé que le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson et sa femme avaient créé une entreprise aux îles Vierges britanniques avec l'aide d'un cabinet d'avocats panaméen au centre d'un scandale sur les paradis fiscaux, Mossack Fonseca.

Les allégations concernant le premier ministre Gunnlaugsson ont amené l'opposition à réclamer la tenue d'un vote de non-confiance au Parlement.

À la télévision islandaise lundi après-midi, M. Gunnlaugsson a assuré qu'il ne quitterait pas son poste, ajoutant qu'il n'y avait rien de nouveau avec les informations dévoilées dans les documents, surnommés les «Panama Papers».

Le ministre des Affaires étrangères, qui était de passage en Inde, a également affirmé que le premier ministre n'avait rien commis d'illégal. Gunnar Bragi Sveinsson a indiqué que les documents ne démontraient «rien d'étrange».

Les révélations concernent l'entreprise Wintris, que M. Gunnlaugsson aurait fondée en 2007 avec sa partenaire Anna Sigurlaug Palsdottir, qui est maintenant son épouse. Il aurait ensuite vendu la moitié de l'entreprise à Mme Palsdottir pour 1 $ US le 31 décembre 2009 — le jour avant l'entrée en vigueur d'une loi qui l'aurait forcé à déclarer qu'il était propriétaire de Wintris.

Wintris avait perdu beaucoup d'argent à la suite de la crise financière de 2008, qui a beaucoup affecté l'Islande, et l'entreprise réclamait un total de 4,2 millions $ US à trois banques islandaises qui ont fait faillite: Landsbanki, Glitnir et Kaupthing.

M. Gunnlaugsson est critiqué parce qu'en tant que premier ministre, il était impliqué dans la conclusion d'une entente pour ceux qui réclamaient de l'argent aux banques.

Les politiciens islandais ont rapidement dénoncé le premier ministre. L'ex-première ministre Johanna Sigurdardottir et la chef du Parti pirate Birgitta Jonsdottir ont toutes deux demandé sa démission.

L'opposition a également demandé un vote de non-confiance contre le gouvernement de centre-droite et des manifestations ont été organisées à Reykjavik.

Le dirigeant du Parti progressiste Sigmundur David Gunnlaugsson a amorcé son mandat de quatre ans en 2013, cinq ans après la crise financière.