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04/04/2016 04:15 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Paradis fiscaux: Hollande remercie les lanceurs d'alerte et promet des enquêtes en France

Le président français François Hollande a assuré lundi que les révélations des "Panama papers" sur les paradis fiscaux donneraient lieu en France à des enquêtes et a remercié les lanceurs d'alerte, en se félicitant de nouvelles "rentrées fiscales".

"Toutes les informations qui seront livrées donneront lieu à des enquêtes des services fiscaux et à des procédures judiciaires", a déclaré M. Hollande. "Toutes les enquêtes seront diligentées, toutes les procédures seront instruites et les procès éventuellement auront lieu".

"C'est une bonne nouvelle que nous ayons connaissance de ces révélations parce que ça va nous faire encore des rentrées fiscales de la part de ceux qui ont fraudé", a dit le président, soulignant qu'en 2015 "20 milliards d'euros ont été notifiés à ceux qui avaient fraudé" et que sur ces 20 milliards, l'Etat avait "déjà repris 12 milliards d'euros".

"Donc je remercie les lanceurs d'alerte, je remercie la presse qui s'est mobilisée et je ne doute pas que nos enquêteurs sont tout à fait prêts à étudier ces dossiers et ces cas pour le bien d'abord de ce qu'on peut penser être la morale, et aussi pour le bien de nos finances publiques", a-t-il poursuivi.

"C'est grâce à un lanceur d'alerte que nous avons maintenant ces informations. Ces lanceurs d'alerte font un travail utile pour la communauté internationale, ils prennent des risques, il doivent être protégés", a dit le chef de l'Etat.

Une enquête réalisée par une centaine de journaux dans le monde sur 11,5 millions de documents a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités. Ces documents, regroupés sous la dénomination "Panama papers" proviennent du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

Selon le Consortium international des journalistes d'investigation, qui réunit pour ce travail 370 journalistes de plus de 70 pays, plus de 214.000 entités offshore sont impliquées dans les opérations financières dans plus de 200 pays et territoires à travers le monde.

Le ministère des Finances a confirmé dans un communiqué que la France solliciterait "la transmission du fichier +Panama Papers+" et qu'elle serait ensuite en mesure de "redresser les impôts éludés et d'appliquer les pénalités, et notamment pour la détention de comptes non déclarés à l'étranger ou de sociétés écran permettant d'échapper à l'impôt qui serait normalement dû à la France".

La justice pénale pourra par ailleurs être "saisie d'affaires de blanchiment de fraude fiscale", a ajouté le ministère.

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