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04/04/2016 03:35 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Paradis fiscaux: Berlin espère que les Panama Papers vont relancer les efforts

Berlin espère que les révélations des Panama Papers vont donner un coup de collier à la lutte contre le blanchiment d'argent et la fraude fiscale, et que les Etats qui favorisent certaines pratiques vont reconnaître que celles-ci n'ont "pas d'avenir".

"Nous espérons que le débat actuel va contribuer à augmenter la pression", a déclaré lors d'un point de presse du gouvernement à Berlin Martin Jäger, porte-parole du ministre des Finances Wolfgang Schäuble, dont ces sujets sont un cheval de bataille depuis plusieurs années.

"Nous pouvons tout à fait mettre à profit cette dynamique, et exprimer l'espoir que de fortes restrictions seront posées (à certaines pratiques)", même si elles ne disparaîtront pas "en claquant des doigts", a poursuivi M. Jäger.

Les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale la semaine prochaine à Washington seront une première occasion de remettre le sujet sur le tapis, selon lui.

Une centaine de médias ont enquêté sur l'utilisation par 140 personnalités de sociétés écrans dans des paradis fiscaux, sur la base documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen. Les résultats de ce travail ont commencé à être publiés dimanche, sous le nom de "Panama Papers", provoquant une onde de choc mondiale.

M. Schäuble a beaucoup oeuvré ces dernières années, aux côtés d'autres Européens, pour plus de coordination internationale dans la lutte contre l'évasion fiscale et le blanchiment d'argent, par exemple par le biais de l'échange automatique d'informations des administrations fiscales.

Faisant référence à certains pays qui dépensent "beaucoup d'énergie" à mettre à disposition d'entreprises et de personnes le moyen de contourner les règles, M. Jäger a estimé qu"'au final, ces pays (devraient) reconnaître que les modèles tels qu'ils les pratiquent n'ont pas d'avenir".

Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, a lui assuré que la publication des Panama Papers était "à prendre au sérieux", et que l'Allemagne "donnerait suite" aux révélations concernant des personnalités ou entreprises allemandes.

Selon les Panama Papers, plus de 500 banques ont aidé leurs clients à gérer des sociétés offshore, parmi lesquelle Credit Suisse, UBS ou HSBC. Le journaliste Georg Mascolo, qui a participé à l'analyse des Panama papers, a aussi cité dans une émission télévisée les allemandes Deutsche Bank et Berenberg.

Cette dernière a affirmé pour l'AFP n'avoir "rien à voir" avec les noms pour l'heure cités dans les médias.

"La banque Berenberg en Suisse, comme beaucoup d'autres banques, gère aussi des comptes pour des sociétés offshore. Cela se fait naturellement conformément aux règles légales", a réagi par écrit l'établissement bancaire.

Chez Deutsche Bank "nous reconnaissons totalement l'importance de ce problème" et "nous avons amélioré nos procédures d'accueil des clients et de vérification sur les personnes avec qui nous faisons des affaires", a réagi la première banque allemande.

L'industriel Siemens est aussi évoqué.

Le groupe, au coeur d'un vaste scandale de pots de vin dans les années 2000, n'a pas encore pris connaissance des documents, mais part du principe qu'il s'agit "d'anciens cas connus", a déclaré à l'AFP un porte-parole.

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