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04/04/2016 00:36 EDT | Actualisé 04/04/2017 01:12 EDT

Paradis fiscaux: appel à la démission du Premier ministre en Islande

L'ancienne chef du gouvernement islandais, Johanna Sigurdadottir, a appelé son successeur à démissionner après sa mise en cause dans l'enquête internationale sur les avoirs de hauts dirigeants dans des paradis fiscaux.

"Le Premier ministre (Sigmundur David Gunnlaugsson) doit immédiatement démissionner", a-t-elle estimé dans un message publié sur Facebook dimanche soir.

"Les gens ne doivent pas avoir un Premier ministre dont ils ont honte (...). Le Premier ministre a fait preuve de sa méfiance envers la monnaie et l'économie islandaises en plaçant son argent dans un paradis fiscal. Le Premier ministre ne semble pas comprendre ce que signifie la morale", a-t-elle dénoncé.

Arrivée à la tête du gouvernement islandais à la faveur d'une grave crise politique en 2009, Mme Sigurdadottir, sociale-démocrate, a été appréciée pour son intégrité.

Selon les documents révélés par le Consortium international des journalistes d'investigation, l'actuel Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson (centre-droit) a créé avec son épouse une société aux îles Vierges britanniques pour y cacher des millions de dollars.

L'enquête planétaire réalisée par une centaine de journaux sur 11,5 millions de documents a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan à travers le monde.

Élu en 2013 sur la promesse de rompre avec les pratiques qui ont entraîné l'île dans une succession de crises financières, M. Gunnlaugsson avait depuis proclamé sa foi dans la couronne islandaise.

L'Islande, qui avait été en 2008 le premier d'Europe de l'Ouest en un quart de siècle à solliciter un prêt du Fonds monétaire international, se défait peu à peu de l'héritage de la crise financière qui l'avait touché à cette époque.

Ces révélations ébranlent le petit pays marqué par les excès de la finance dans les années 2000. Plus de 16.000 Islandais ont signé une pétition demandant sa démission et l'opposition va demander un vote de défiance au Parlement qui devrait avoir lieu dans la semaine.

La commission constitutionnelle du Parlement devrait se réunir lundi dans la journée, d'après la radio-télévision publique Ruv.

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