NOUVELLES
04/04/2016 08:17 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Mossack Fonseca, le discret cabinet d'avocats à la source des Panama Papers

Dans le quartier des affaires de Panama City, la firme victime de la fuite à l'origine du scandale des « Panama Papers » occupe un immeuble quelconque aux parois de verre. C'est à cet endroit que sont gérées les activités douteuses de centaines de clients prestigieux aujourd'hui soupçonnés d'évasion fiscale.

Le cabinet Mossak Fonseca est né dans les îles Vierges britanniques il y a une trentaine d'années. Il est issu de la fusion de cabinets fondés par Ramon Fonseca et Juergen Mossack, deux hommes qui ont étudié en droit au Panama.

Le premier, né en 1952, a poursuivi ses études à la prestigieuse London School of Economics; le second, né en Allemagne en 1948, avant d'émigrer au Panama avec sa famille. Son père était un nazi ayant servi dans les SS, les unités d'élite de l'armée allemande, selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Leur entreprise a déménagé au Panama lorsque les îles Vierges britanniques ont été contraintes, sous la pression internationale, d'abandonner le systèmes des actions au porteur anonymes en 2011. Selon l'ICIJ, 113 000 sociétés créées par le cabinet étaient basées dans ce paradis fiscal.

Le cabinet s'est aussi installé dans l'archipel d'Anguilla, dans les Caraïbes.

Il y a de nombreuses années, Mossack Fonseca a aussi ouvert une filiale à Niue, un micro-État du Pacifique. En 2001, les revenus de la firme étaient si élevés qu'ils comptaient pour 80 % du budget annuel de Niue.

Au fil du temps, plusieurs pays ont commencé à suivre ses activités de près. C'est notamment le cas du Brésil, où Mossack Fonseca a été cité dans le cadre du scandale de corruption impliquant le géant pétrolier Petrobras, qui secoue le pays encore aujourd'hui.

Le mois dernier, M. Fonseca, qui a été un conseiller du président panaméen Juan Carlos Valera depuis 2014, avait annoncé qu'il prenait un congé pour « défendre son honneur » alors que les accusations dans ce dossier se multipliaient.

Aux États-Unis, un tribunal du Nevada a estimé que Mossack Fonseca a volontairement tenté de masquer son rôle de gestion au sein de sa filiale américaine, basée dans cet État.

La manière dont les documents ont filtré n'est pas connue. Ils ont été obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui les a partagés avec le Consortium international des journalistes d'investigation.