NOUVELLES
04/04/2016 07:41 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Les « Panama papers » pointent le comité d'éthique de la FIFA

L'enquête sur les paradis fiscaux, appelée « Panama papers », oblige la FIFA à examiner l'intégrité des membres de son propre comité d'éthique.

La vaste enquête réalisée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), 370 journalistes de 76 pays, se base sur plus 11 millions de documents qui proviennent tous du cabinet d'avocats Mossack Fonseca, basé au Panama.  

Selon les « Panama papers », l'avocat uruguayen Juan Pedro Damiani serait lié à trois personnes inculpées par la justice américaine dans le scandale de corruption de la FIFA.

L'avocat uruguayen et son cabinet d'avocats auraient notamment travaillé pour sept sociétés "offshore" liées à l'Uruguayen Eugenio Figueredo, ancien vice-président de la FIFA et ancien membre de son comité exécutif, arrêté à Zürich à la fin du mois de mai 2015.

Damiani aurait également servi d'intermédiaire auprès d'une société basée au Nevada (États-Unis) et liée aux hommes d'affaires argentins Hugo et Mariano Jinkis. Ces dirigeants d'une société de marketing sportif sont eux aussi poursuivis par la justice américaine, pour le versement présumé de dizaines de millions de dollars de pots-de-vin en échange de l'obtention de droits télévisés en Amérique du Sud.

L'ICIJ rapporte qu'un porte-parole du comité d'éthique de la FIFA a déclaré que Juan Pedro Damiani avait reconnu le 18 mars avoir eu des relations d'affaires avec Figueredo. La Commission d'éthique a ensuite décidé d'ouvrir une enquête préliminaire, poursuit l'ICIJ.

L'ICIJ précise que les documents ne mettent pas en évidence l'existence de manoeuvre illégale de la part de Juan Pedro Damiani ou de son cabinet.

Radio-Canada/CBC et le Toronto Star sont les seuls médias canadiens à avoir eu accès à l'énorme masse de données. Il y aurait des clients canadiens, mais pas de personnalités de premier plan.

Parmi les clients, il y aurait selon les documents de l'ICIJ l'ancien international français, aujourd'hui président de l'UEFA, Michel Platini, et l'attaquant argentin Lionel Messi du FC Barcelone, copropriétaire (avec son père) d'une société enregistrée au Panama. Messi a déjà fait l'objet d'une enquête pour évasion fiscale en Espagne.

Selon l'enquête de l'ICIJ, le cabinet Mossack Fonseca aurait créé pour ses clients plus de 214 000 sociétés dans 21 paradis fiscaux.

En réponse à l'enquête de l'ICIJ, Mossack Fonseca, cofondateur du cabinet panaméen, se défend d'avoir incité ses clients à « commettre des actes illégaux ».   

L'ICIJ compte dévoiler en mai 2016 la liste complète des sociétés, et des personnes qui y sont liées.