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04/04/2016 09:52 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Les "Panama papers" alimentent la réputation financière sulfureuse du pays

Le scandale mondial d'évasion fiscale surnommé "Panama Papers", qui implique des hauts responsables politiques, sportifs ou milliardaires, renforce considérablement l'image de ce pays d'Amérique centrale de plaque tournante du blanchiment d'argent.

Ce petit Etat de quelque quatre millions d'habitants, régulièrement accusé d'être un paradis fiscal, ce que contestent les autorités, est le siège de nombreuses compagnies off-shore et se retrouve régulièrement mis en cause pour l'opacité de son système financier.

Son secteur financier florissant représente, en comptant les revenus issus du célèbre canal de Panama, près de 80% du PIB.

Outre un taux de croissance parmi les plus élevés du continent, cette nation, qui a adopté le dollars comme monnaie et dispose de l'une des principales zones franches du continent américain, peut se vanter d'un taux inflation particulièrement bas.

Ces dernières années, les gouvernements successifs se sont efforcés de présenter le pays comme un centre financier favorable aux affaires, à l'image de Singapour en Asie, et qui souhaite attirer davantage d'entreprises et d'investisseurs.

Après avoir subi une forte pression de la communauté internationale, et plus particulièrement des Etats-Unis, le Panama a redoré son image, au point de parvenir à sortir de la liste "noire" des pays suspectés de blanchiment de capitaux.

Ironie du calendrier, il y a quelques semaines, mi-février, le président panaméen Juan Carlos Varela se félicitait que le pays soit également sorti de la liste "grise" de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme du Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), après l'adoption d'une une série de réformes par son gouvernement.

Toutefois, le pays reste accusé d'opacité.

Il a notamment traîné des pieds au moment de répondre aux demandes d'échange d'informations financières d'autres pays et à l'heure de lever son secret bancaire.

"Le Panama est devenu le pays le plus opaque de la terre", a déclaré dimanche sur iTélé Pascal Saint-Amans, le directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

"Le Panama fait un pied de nez à la transparence", avait déclaré en décembre le collectif d'ONG spécialisé dans la justice fiscale Tax Justice Network.

De son côté, Transparency International a classé le pays au 72e rang, sur 168, des pays les plus transparents du monde.

La vice-présidente panaméenne Isabel De Saint Malo déclarait le mois dernier à la radio BBC que son pays était "complètement engagé" dans l'échange d'informations financières, se disant toutefois "préoccupée par le coût que cela impliquait pour (nos) institutions financières".

Au cours de cette même interview du 7 mars, elle avait été interrogée sur le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au centre de l'affaire, et son rôle dans le scandale géant de corruption Petrobras qui secoue le Brésil.

"Je pense que cela mérite d'être clarifié", avait-elle admis, avant d'assurer: "notre secteur financier respecte les normes internationales les plus exigeantes".

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