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04/04/2016 09:42 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Les combats continuent et font 13 morts entre Arméniens et Azerbaïdjanais au Nagorny-Karabakh

Les combats entre les forces arméniennes et les troupes azerbaïdjanaises ont fait au moins 13 morts lundi dans la région contestée du Nagorny-Karabakh tandis que le président turc Erdogan, fidèle allié de Bakou, semblait attiser les tensions en assurant que le Nagorny-Karabakh "retournera un jour" à l'Azerbaïdjan.

Au moins 40 militaires des deux camps et six civils ont été tués depuis la reprise vendredi soir des hostilités, les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu instauré entre Erevan et Bakou en 1994. Plus de 200 militaires et civils ont été blessés.

Ce conflit, dont les sources remontent à plusieurs siècles mais qui s'est cristallisé à l'époque soviétique lorsque Moscou a attribué ce territoire majoritairement arménien à la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, intervient dans une région du Caucase stratégique pour le transport des hydrocarbures, près de l'Iran, de la Turquie et aux portes du Proche-Orient.

L'escalade militaire se déroule par ailleurs au moment où la Russie, qui entretient de bonnes relations avec l'Arménie, et la Turquie, alliée traditionnel de l'Azerbaïdjan, traversent une grave crise diplomatique sur fond de guerre en Syrie.

Multipliant les messages de soutien à Bakou, le président turc Recep Tayyip Erdogan a encore attisé les tensions lundi en assurant que "le Karabakh retournera un jour, sans aucun doute, à son propriétaire originel", l'Azerbaïdjan, renouvelant ses "condoléances" aux proches des "martyrs" azerbaïdjanais.

Sur le terrain, trois soldats azerbaïdjanais ont été tués par des "tirs de mortier et de lance-grenades depuis les tranchées" des forces arméniennes le long de la ligne de front, a annoncé le porte-parole du ministère, Vagif Dargahly, menaçant d'une "opération d'ampleur tout le long de la ligne de front" en cas de poursuite des "provocations arméniennes".

Un porte-parole des autorités de la région séparatiste soutenue par Erevan, Artak Beglarian, a pour sa part déclaré à l'AFP que les combats avaient fait trois morts de plus parmi les civils, "dont une femme de 92 ans, brutalement tués par les troupes azerbaïdjanaises" dans le village de Talich.

Selon le ministère de la Défense du Nagorny-Karabakh, 20 soldats séparatistes ont au total été tués et 72 blessés depuis la reprise des hostilités, cinq "volontaires" arméniens ayant par ailleurs été tués lundi quand le bus dans lequel ils circulaient a été touché par un missile.

Dans un hôpital de Stepanakert, la "capitale" du Karabakh, deux enfants blessés samedi étaient toujours soignés, ont pu constater des journalistes de l'AFP.

Les forces arméniennes "ont largement avancé dans certaines zones du front et ont pris de nouvelles positions", a de son côté assuré le porte-parole du ministère arménien de la Défense, Artsrun Hovhannisyan.

L'Azerbaïdjan a dénoncé comme "fausses" ces affirmations, assurant contrôler depuis samedi plusieurs hauteurs stratégiques au Karabakh.

- 'Motif politique' -

Les autorités du Nagorny-Karabakh ont déclaré être "prêtes à discuter d'une proposition de trêve" à condition de récupérer les positions et territoires perdus dans la région, reconnue comme appartenant à l'Azerbaïdjan par la communauté internationale.

Le président arménien, Serge Sarkissian, a lui estimé qu'un cessez-le-feu ne serait possible que "si les militaires des deux camps retournent aux positions", qu'ils occupaient avant la reprise des hostilités.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'Etat américain John Kerrry ont par ailleurs évoqué ces récents combats lors d'un entretien téléphonique.

Semblant dénoncer les déclarations de M. Erdogan, les deux ministres "ont condamné les tentatives de +parties extérieures+ au conflit pour aggraver la confrontation", selon un communiqué du ministère russe de la Défense.

Des négociations sous les auspices de la France, des Etats-Unis et de la Russie, co-présidents du Groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) chargé de trouver une issue à ce "conflit gelé" depuis plus de 20 ans, doivent se tenir à Vienne mardi, précise le communiqué.

Après une guerre ayant fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais, le Nagorny-Karabakh est passé sous le contrôle de forces séparatistes proches d'Erevan. La région est désormais peuplée majoritairement d'Arméniens.

Aucun traité de paix n'a été signé et après une période de calme relatif, la région a connu ces derniers mois une nette escalade des tensions, Erevan estimant fin décembre qu'on était revenu à la "guerre".

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