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04/04/2016 05:12 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

« Le secret est un droit humain sacré », plaide le cabinet au coeur des « Panama Papers »

« Nous croyons au secret », plaide un cofondateur de Mossack Fonseca, au cœur du scandale des « Panama Papers », qui révèle comment ce cabinet d'avocats a aidé les riches et puissants du monde à créer des sociétés-écrans dans les paradis fiscaux. Le Kremlin affirme pour sa part que toute l'affaire porte l'empreinte de la CIA.

« Nous pensons qu'il y a une campagne internationale contre le droit au secret », s'est plaint Ramon Fonseca dans une entrevue accordée à Reuters.

Selon M. Fonseca, la publication de données montrant que sa firme a créé plus de 214 000 sociétés dans 21 paradis fiscaux pour de prestigieux clients n'est rien d'autre qu'« un crime, un délit », voire « une attaque contre le Panama », le pays où s'est établie la firme, après avoir longtemps œuvré dans les îles Vierges britanniques.

« Plusieurs pays n'apprécient pas que nous soyons très compétitifs pour attirer les entreprises », plaide-t-il. « Il y a deux manières de voir le monde : la première est d'être compétitif et la seconde de créer des impôts. [...] Il y a une guerre entre les pays ouverts, comme le Panama, et les pays qui taxent de plus en plus leurs entreprises et leurs citoyens. »

M. Fonseca admet que son cabinet a été victime d'un piratage « limité » de ses bases de données. Il soutient cependant que « l'immense majorité » des sociétés que sa firme a créées sont utilisées « à des fins légitimes ».

« Nous nous consacrons à créer des structures juridiques que nous vendons à des intermédiaires tels que des banques, des avocats, des comptables et des trusts », a-t-il encore dit. « Ils ont leurs clients, que nous ne connaissons pas. »

Le Kremlin associe les journalistes à la CIA

Grâce au travail du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont fait partie Radio-Canada, une partie de ces prestigieux clients - dirigeants politiques, sportifs de haut niveau - est maintenant connue. Ceux qui ont réagi jusqu'ici tentent de discréditer l'enquête, ou se défendent d'avoir fait quoi que ce soit d'illégal.

À Moscou, le Kremlin a tenté de balayer du revers de la main les informations selon lesquelles un réseau de proches du président russe Vladimir Poutine, dont le violoncelliste Sergueï Roldouguine, a déplacé en secret plus de deux milliards de dollars entre des sociétés-écrans et des banques russes.

« Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser » La Russie, a poursuivi M. Peskov. « Je sais qu'il y a d'autres noms [incriminés dans l'enquête], mais il est clair que la cible principale de ces attaques est notre pays et son président. »

Plus de détails à venir.