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04/04/2016 07:57 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Le président de Catalogne écarte une sécession rapide

Le président séparatiste de la Catalogne (nord-est de l'Espagne), Carles Puigdemont, a éloigné lundi la perspective d'une déclaration d'indépendance unilatérale en moins d'un an et demi, sans consultation des Catalans, la comparant à un "saut dans le vide".

Interrogé par le quotidien économique Expansion sur une possible déclaration d'indépendance dans les 16 mois à venir, Carles Puigdemont a répondu : "Ce n'est pas prévu et ce n'est pas ce à quoi nous nous sommes engagés".

"Mais nous ferons tout le travail pour que ce pays puisse devenir un Etat indépendant", ajoute le président, qui a succédé en janvier à Artur Mas, prenant la tête d'une majorité indépendantiste allant du centre droit à l'extrême gauche.

Sur ce point M. Puigdemont semble adopter la position de son prédécesseur, qui s'était prononcé contre des décisions brutales.

Le doute pouvait subsister suite à l'adoption le 9 novembre par le parlement catalan d'une résolution indépendantiste, annulée depuis par le tribunal constitutionnel, qui proclamait le lancement du processus de sécession et assurait qu'il ne rendrait plus de comptes aux institutions espagnoles.

Les séparatistes sont majoritaires au parlement depuis les élections régionales de septembre 2015. Il s'étaient fait élire sur un programme centré sur une feuille de route vers l'indépendance de 18 mois.

Le "processus de transition nationale en vue de la proclamation d'un nouvel Etat ou République catalane qui démarrera après les élections du 27 septembre culminera au maximum après 18 mois", soit au printemps 2017, indiquaient-ils dans un texte diffusé fin mars 2015.

Désormais, l'objectif est la mise en place au cours d'un mandat raccourci de 18 mois (et non de quatre ans) des structures d'un Etat indépendant, comme une sécurité sociale, pour proclamer, mais seulement "symboliquement", l'indépendance.

Les séparatistes prévoient ensuite l'élection d'une assemblée constituante dans cette région de 7,5 millions d'habitants, chargée d'élaborer une Constitution avant de la soumettre au vote des Catalans, après quoi la nouvelle république sera créée au-delà des 18 mois, a expliqué à l'AFP une source au sein de l'exécutif catalan.

"Tout ce que nous faisons s'abrite derrière la sécurité juridique. [...] Nous ne ferons pas un saut dans le vide et tout sera parfaitement couvert", a assuré Carles Puigdemont.

Des quatre principales forces politiques issues des élections législatives du 20 décembre en Espagne, seul Podemos (gauche radicale) défend la tenue d'un référendum d'autodétermination réclamé par les indépendantistes, face au Parti populaire (droite), au Parti socialiste et aux libéraux de Ciudadanos, qui le rejettent catégoriquement.

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