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04/04/2016 04:13 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi en Iran les 12 et 13 avril

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a annoncé lundi une visite la semaine prochaine en Iran, où il sera le premier dirigeant occidental important à se rendre depuis la levée des sanctions liées au dossier nucléaire.

La visite dans la République islamique aura lieu les 12 et 13 avril, selon un communiqué du bureau de M. Renzi qui ne donne aucune précision de programme dans l'immédiat.

Premier partenaire économique et commercial de l'Iran avant la mise en place des sanctions, l'Italie avait déjà été en janvier le premier pays européen à recevoir le président iranien Hassan Rohani.

Cette visite, prolongée à Paris, avait marqué le retour de l'Iran sur la scène économique internationale, consécutif à la levée des sanctions après l'entrée en vigueur de l'accord historique de l'été 2015 entre Téhéran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien.

Depuis quelques mois, les délégations ministérielles de nombreux pays se succèdent en Iran, tous les Européens cherchent à placer leurs pions pour tenter de reconquérir le terrain perdu en Iran au profit de la Russie et d'autres pays comme la Chine et la Turquie.

Avant M. Renzi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est rendu à Téhéran début février.

Dans cette course aux contrats, les Européens sont avantagés par rapport aux Américains, qui restent handicapés par des sanctions dans le secteur pétrolier contre toute entreprise soupçonnée de financer le terrorisme.

Lors de sa visite à Rome, accompagné d'une centaine d'acteurs économiques et de plusieurs ministres, M. Rohani a multiplié les appels aux investisseurs cherchant à s'implanter sur le vaste marché iranien, le présentant comme une plateforme pour développer des activités dans toute la région.

Les échanges entre l'Italie et l'Iran s'élevaient à sept milliards d'euros par an avant la mise en place des sanctions, et se sont effondrés à 1,6 milliard depuis.

A Rome, Iraniens et Italiens ont signé des contrats commerciaux d'une valeur totale évaluée à 17 milliards d'euros, en particulier dans le domaine de l'exploitation pétrolière, de la construction navale et des transports.

"C'est seulement le début", avait déclaré M. Renzi lors de la cérémonie de signature des contrats dans le cadre prestigieux du Capitole, en insistant également sur les perspectives d'échanges culturels et universitaires entre l'Iran et l'Italie, "deux superpuissances de la beauté et de la culture".

La visite avait cependant été marquée par une polémique après la décision de poser des paravents devant les statues antiques dénudées du musée du Capitole lors de la visite du président iranien, plusieurs partis d'opposition dénonçant "un acte de soumission".

D'autant que l'Italie -- contrairement à la France quelques jours plus tard -- avait aussi accepté de bannir le vin de ses tables officielles, pour permettre un déjeuner avec le président Sergio Mattarella et un dîner avec M. Renzi.

La détente avec l'Iran inquiète également les opposants à la peine de mort, un sujet sur lequel l'Italie est d'ordinaire en pointe, alors que selon les Nations unies, la République islamique a exécuté au moins 700 condamnés en 2015.

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