NOUVELLES
04/04/2016 05:51 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Bruxelles défend l'intégrité d'un commissaire européen éclaboussé par les "Panama Papers"

La Commission européenne a défendu lundi l'intégrité du commissaire Miguel Arias Canete, dont l'épouse Micaela Domecq apparaît dans les "Panama papers" comme responsable pendant plusieurs années de la société Rinconada Investments, établie dans ce paradis fiscal d'Amérique centrale.

Comme chacun des 28 commissaires de l'équipe Juncker -en fonction depuis novembre 2014-, M. Canete a dû remplir une "déclaration d'intérêts" mentionnant notamment l'activité professionnelle ou les participations financières du ou de la conjointe susceptibles de créer un conflit d'intérêts, a expliqué un porte-parole de Commission, Margaritis Schinas, interrogé lundi en conférence de presse.

"D'après les informations fournies par le commissaire Canete, sa déclaration semble être en conformité avec le code de conduite édicté pour les commissaires" car elle inclut bien des éléments sur son épouse, a-t-il précisé.

"Quant à l'entreprise citée dans les médias, d'après ce que nous a dit M. Canete, elle n'était plus en activité plusieurs années avant qu'il ne prenne ses fonctions en novembre 2014", a poursuivi le porte-parole.

D'après le journal El Confidencial, qui a publié lundi les Panama Papers en Espagne, "douze membres de la famille Domecq (dont Micaela l'épouse de M. Canete) figurent depuis 2005 comme fondés de pouvoir de la société Rinconada Investments au Panama", pays qui figure sur la liste noire des paradis fiscaux établie par la Commission européenne.

Il n'est pas fait mention de cette société dans la déclaration d'intérêt de M. Canete au chapitre concernant son épouse, d'après une version du document datant du 14 juillet 2015 accessible sur le site de la Commission.

Mais dès lors que la société n'est plus en activité depuis plusieurs années cette absence de mention "ne peut invalider la déclaration d'intérêt", a assuré M. Schinas.

D'après le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, dont proviennent les millions de documents auxquels une centaine de journaux ont eu accès, la société Rinconada n'est plus en activité depuis 2010.

Miguel Arias Canete s'était déjà retrouvé au coeur d'une polémique sur des possibles conflits d'intérêts en 2014, au moment où il était pressenti pour prendre le portefeuille de commissaire européen en charge de l'Action pour le climat. Il avait dû céder ses participations dans deux firmes pétrolières pour un montant total de 326.000 euros.

Son nom est par ailleurs apparu dans une enquête pour détournement de fonds publics au sein de la société espagnole Eaux des bassins méditerranéens (Acuamed), une entreprise publique dépendante à 100% du ministère de l'Agriculture dont M. Canete a détenu le portefeuille pendant la période examinée par la justice espagnole.

bur-mad/mla/ros