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04/04/2016 03:49 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Accord UE-Ankara: Arrivée en Allemagne des premiers Syriens en provenance de Turquie

Trente-deux Syriens ont atterri lundi à Hanovre (nord de l'Allemagne), en provenance d'Istanbul, dans le cadre de l'accord controversé entre l'Union européenne et la Turquie, a annoncé lundi l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (Bamf).

Un appareil de la compagnie Turkish Airlines a atterri vers 08H30 (06H30 GMT) avec à son bord "trois familles" syriennes, a indiqué une employée de l'Office fédéral, Corinna Wicher. Cinq enfants figurent parmi ces réfugiés.

En milieu de journée, un autre groupe de 16 Syriens, dont cinq enfants et une adolescente en fauteuil roulant, est également arrivé à Hanovre.

Ils "ont un long voyage derrière eux", a insisté l'employée du Bamf, "tout est très nouveau pour eux, très difficile". Dans le hall des arrivées, un protestataire brandissait une pancarte: "Merci de continuer à fuir, les réfugiés ne sont pas les bienvenus".

Ces Syriens devaient être immédiatement acheminés en autocar vers un centre de prise en charge des réfugiés à Friedland, à 140 km environ de Hanovre.

Ils y recevront des premiers cours d'allemand et une orientation sur les démarches à suivre en Allemagne avant d'être répartis dans des foyers dans cet Etat régional, selon Mme Wicher.

En mer Egée, trois bateaux turcs ont ramené lundi matin en Turquie 202 migrants qui avaient irrégulièrement débarqué en Grèce, un "premier test" de la mise en oeuvre de l'accord, très décrié par les défenseurs des droits de l'Homme.

Il prévoit le retour en Turquie de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars. Il stipule également que pour chaque Syrien renvoyé de Grèce, un autre sera admis dans l'UE, dans le cadre d'un plan limité à 72.000 places.

L'Allemagne doit accueillir dans un premier temps 1.600 réfugiés dans le cadre de cet accord qui prévoit la réinstallation d'un premier contingent de 22.504 personnes dans toute l'UE, a précisé un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Au cours d'un entretien téléphonique, la chancelière Angela Merkel, grande inspiratrice de ce plan adopté le 18 mars pour tenter de mettre un frein à l'afflux de migrants en Europe, et son homologue turc, Ahmet Davutoglu, ont estimé que ce lundi marquait un "jour important" et "la mise en application d'une partie centrale" de la stratégie européenne pour juguler l'afflux des migrants, selon le porte-parole du gouvernement allemand.

De son côté, l'ONG allemande Pro Asyl a dénoncé "un acte illégal d'inhumanité" après ces premiers renvois vers la Turquie et exigé que soit mis un terme "à ces expulsions de masse". Des juristes, d'autres ONG mais aussi des défenseurs des droits de l'Homme ont également exprimé des doutes sur la légalité de ces procédures.

Le porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur a précisé que des dossiers de réfugiés syriens pouvant être "réinstallés" en Europe étaient transmis par les autorités turques au Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés. L'organisme onusien sélectionne ensuite des "candidats" en fonction notamment de leur vulnérabilité.

"En début de semaine", d'autres pays européens devaient selon lui accueillir des réfugiés syriens, dont les Pays-Bas, la France et la Finlande.

L'Allemagne a accepté depuis l'an dernier la plus grande partie du plus d'un million de personnes arrivées dans l'Union européenne, notamment en provenance de Turquie via les îles grecques.

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