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02/04/2016 00:04 EDT | Actualisé 02/04/2017 01:12 EDT

Ski - Verbier, le Kitzbühel du freeride

Avec 10.000 visiteurs en un week-end, attirés par les exploits des meilleurs freeriders de la planète, Verbier, qui accueille depuis plus de vingt ans l'Xtreme, se présente comme "le Kitzbühel" du freeride et ne connaît pas la crise.

Si les stations suisses ont perdu 25% de journées de ski en dix ans, la station du Valais n'a elle pas du tout subi cette érosion. "On est même plus haut qu'il y a dix ans", se félicite Eric Balet, directeur général de Téléverbier, la plus grosse société de remontées mécaniques de Suisse romande et la 4e du pays.

"Il est évident que l'Xtreme de Verbier et cette image de ski freeride ont beaucoup contribué à ce résultat", assure-t-il. Car pour cet ancien journaliste, "Verbier c'est le freeride et le freeride c'est Verbier".

Créé il y a 21 ans par Nicolas Hale-Woods et Philippe Buttet, l'Xtreme a contribué à populariser l'image d'une station déjà connue pour son ski en liberté. Dès les années 60, le téléphérique du Mont-Gelé déposait les téméraires à plus de 3000 m d'altitude, pour y dévaler des pistes non damées mais sécurisées.

En 1995, ce sont d'abord les snowboarders qui s'attaquent à la face nord du Bec des Rosses, une descente vertigineuse, devenue mythique. En 2004, les skieurs les rejoignent et en 2008 Nicolas Hale-Woods crée un circuit de compétition mondial structuré, le Freeride World Tour (FWT) dont la finale se déroule ce week-end.

- "Des retombées très importantes" -

"Dans le monde du ski, on a un exemple à suivre c'est Kitzbühel", explique M. Hale-Woods, en référence à la station autrichienne et à sa piste mythique de la Streif, au programme de la Coupe du monde de ski alpin depuis sa création en 1967.

Si le budget de l'Xtreme atteint 1,4 million de francs suisses (1,28 M EUR), "monter l'événement est moins cher que d'organiser une étape de Coupe du monde de ski, pour des retombées très importantes".

Durant trois jours, Verbier reçoit ainsi plus de 10.000 visiteurs et "l'audience et le retentissement sont beaucoup plus larges que ce que l'on peut penser de prime abord", souligne Nicolas Hale-Woods.

L'Xtreme qui a renouvelé son partenariat avec la ville de Verbier pour encore dix ans reçoit le soutien de partenaires institutionnels et commerciaux fidèles et peut donc voir venir. "Nous sommes là depuis vingt ans et si, comme Kitzbühel, on peut établir l'événement sur la durée, pour moi c'est déjà fantastique", ajoute son créateur.

Parmi les partenaires du FWT, Audi, présent depuis 2014, a renouvelé son engagement jusqu'en 2018. "En plus de nos partenariats dans différentes disciplines de sports d'hiver, il est plus que logique de s'associer à des disciplines qui apparaissent comme hautement innovantes et modernes", explique Thomas Glas, patron du marketing sportif au siège du constructeur automobile en Allemagne.

- Défricher de nouveaux territoires -

Si Verbier est la Mecque de la discipline, avec pas moins de 50 professionnels de toutes nationalités qui y résident à l'année, le freeride cherche aussi à se développer vers de nouveaux territoires.

En plus des étapes annuelles en France (Chamonix), en Autriche, en Andorre et en Alaska, le circuit pourrait bien à l'avenir aller voir du côté du Japon, plus précisément dans la préfecture de Nagano où s'étaient tenus les jeux Olympiques d'hiver 1998.

"On est allé sur place en janvier, explique M. Hale-Woods. On a trouvé les montagnes et la ville d'Hakuba veut une étape du circuit mondial. Il y a une chance qu'on y aille en 2017, probablement début janvier, reste à finaliser le financement".

La décision finale, qui pourrait entraîner la suppression d'une étape existante, sera prise en mai prochain. "Nous avons la volonté d'aller en Asie, ça c'est sûr et on mène même des études pour aller en Chine", conclut-il.

ebe/chc