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02/04/2016 09:42 EDT | Actualisé 03/04/2017 01:12 EDT

Le conflit du Nagorny Karabakh, territoire séparatiste d'Azerbaïdjan

Le Nagorny-Karabakh, où 30 soldats arméniens et azerbaïdjanais ont été tués samedi lors d'intenses affrontements, est une région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne dont Bakou veut reprendre le contrôle.

Ce territoire, enjeu d'un conflit qui a fait 30.000 morts entre 1988 et 1994 et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais, a proclamé fin 1991 son indépendance qu'aucun pays, même l'Arménie, ne reconnaît.

Située entre l'Iran, la Russie et la Turquie, la zone, qui appartient toujours à l'Azerbaïdjan aux yeux de la communauté internationale, est stratégique.

Patchwork de nationalités, la région, devenue partie intégrante de l'Empire russe en 1805, fut le théâtre d'affrontements lors de la guerre civile suivant la révolution bolchevique de 1917.

Sous l'époque soviétique, le Nagorny-Karabakh est rattaché à l'Azerbaïdjan. Le 10 décembre 1991, à la chute de l'URSS, les habitants du Nagorny-Karabakh votent massivement pour l'indépendance.

En 1993, après cinq années de guerre, les Arméniens ont récupéré les villages contrôlés par Bakou, s'emparant d'une "zone de sécurité" de 8.000 km2 -- soit 20% du territoire azerbaïdjanais -- située entre le Nagorny-Karabakh et l'Arménie.

Un cessez-le-feu fut conclu en mai 1994 après la victoire de la partie arménienne, mais aucun accord de paix n'a été signé. En dépit de négociations conduites sous les auspices du Groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (Russie, Etats-Unis, France), Bakou et Erevan ne sont jamais parvenus à se mettre d'accord sur le statut de ce territoire.

En novembre 2008, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé une déclaration appelant à un "règlement pacifique" du conflit, mais les accrochages armés entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises se sont poursuivis.

Le "président" sortant Bako Sahakian de cette région désormais peuplée majoritairement d'Arméniens a été réélu en 2012 pour un deuxième mandat de cinq ans.

En août 2014, plusieurs soldats azerbaïdjanais ont péri dans des accrochages lors d'un gros regain de tension et le 12 novembre de la même année les forces azerbaïdjanaises ont abattu un hélicoptère militaire arménien, provoquant la mort de ses trois membres d'équipage, selon les médias arméniens.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a justifié cette action en affirmant que l'hélicoptère de combat Mi-24 avait tenté d'attaquer les positions de l'armée azerbaïdjanaise près de la région d'Agdam.

Dans la nuit du 1er au 2 avril 2016, des affrontements ont fait 18 morts du côté des forces arméniennes et 12 du côté des forces azerbaïdjanaises, selon leurs gouvernements respectifs qui se sont mutuellement accusés d'avoir lancé l'offensive.

Bakou, dont les dépenses militaires dépassent parfois le budget de l'Arménie, a par le passé menacé de reprendre par la force ce territoire disputé si les négociations n'aboutissaient pas.

L'Arménie, armée par la Russie, s'est toujours dite capable de repousser toute offensive.

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