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02/04/2016 17:16 EDT | Actualisé 03/04/2017 01:12 EDT

Don Cheadle fait ses débuts comme réalisateur avec un film sur Miles Davis

WEST HOLLYWOOD, Calif. — Debout sur la scène du «Tonight Show» avec sa trompette à la main, Don Cheadle s'est demandé pourquoi il avait accepté cette proposition. À quoi pensait-il lorsqu'il avait dit qu'il jouerait avec The Roots, le groupe attitré du talk-show de fin de soirée?

Il était si nerveux que ses tremblements menaçaient de froisser son habit parfaitement ajusté. L'acteur avait étudié la trompette avec assiduité afin d'interpréter Miles Davis dans son nouveau film biographique, «Miles Ahead». Il avait passé une décennie immergé dans la vie du musicien alors qu'il développait, produisait et coécrivait le long métrage avant d'éventuellement le réaliser et y jouer le rôle principal. Mais ce n'était pas un plateau de film, c'était une émission de télévision diffusée en direct. Et il était Don Cheadle, pas Miles Davis.

Le chef du groupe, Questlove, a donné un style et un ton, «Blues, si bémol», et M. Cheadle a porté la trompette à ses lèvres.

«Je me suis juste mis à jouer et j'ai fait un genre de solo. Je me suis surpris moi-même! a-t-il raconté lors d'une récente entrevue. Je me suis dit: "Allez, vas-y, met l'instrument à ta bouche. Pourquoi as-tu fait tout cela? Joue!»

Don Cheadle admire Davis depuis l'adolescence, époque où il jouait du saxophone alto et songeait à se lancer dans une carrière musicale plutôt que cinématographique. Mais il n'avait jamais été intéressé à interpréter cet icône du jazz à l'écran.

«Je voulais être Miles Davis, pas l'interpréter, a-t-il affirmé. Je voulais vraiment accomplir ces exercices et me retrouver dans cet espace créatif où il semble avoir vécu toute son existence.»

M. Cheadle souhaitait ressentir cette énergie débridée et pressante. C'est ce qui devrait nourrir tout film sur Miles Davis. Alors, il a proposé une espèce d'histoire de «braquage» dans laquelle le trompettiste se fait voler sa propre voix et sa créativité, et doit se battre pour les récupérer.

«Miles Ahead», qui prendra l'affiche au Québec le 15 avril, juxtapose deux périodes de la vie de Davis: sa relation avec sa première femme, la danseuse Frances Taylor, jouée par Emayatzy Corinealdi, et une phase marquée par la toxicomanie et la stagnation sur le plan créatif durant la décennie ayant suivi leur divorce.

Le film ayant mis tellement de temps à venir au monde, subissant plusieurs réécritures et une récession mondiale ayant fait disparaître une partie de son financement, Miles Davis a longtemps occupé l'esprit de Don Cheadle, même lorsque l'acteur participait à plusieurs films inspirés de l'univers de Marvel et obtenait de multiples nominations aux prix Emmy pour son interprétation de Marty Kaan dans «House of Lies».

Et lorsque «Miles Ahead» a finalement eu droit à sa première mondiale à la soirée de clôture du Festival du film de New York, son créateur était si nerveux qu'il a craint de perdre son calme.

«C'est ma fille de 19 ans qui m'a finalement permis de voir la chose de la bonne façon, a-t-il révélé. Elle m'a dit: "Papa, j'avais neuf ans lorsque tu as commencé ce projet. Je me rappelle m'être assise sur tes genoux et de toi qui écrivait à l'ordinateur et qui me mettait au lit en me fredonnant du Miles Davis. Et maintenant, je suis une femme et tu es ici et tu as réussi. Tu devrais te sentir bien." J'ai répondu: "Tu sais quoi, c'est exactement ce que je vais faire."»