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02/04/2016 13:51 EDT | Actualisé 03/04/2017 01:12 EDT

Combats intenses au Nagorny-Karabakh, au moins 30 soldats tués

Au moins 30 soldats ont été tués à la frontière de la région séparatiste du Nagorny-Karabakh dans des affrontements déclenchés dans la nuit de vendredi à samedi entre forces azerbaïdjanaises et arméniennes, les pires depuis le cessez-le feu de 1994 entre Erevan et Bakou.

"Au cours des combats avec les forces armées azerbaïdjanaises, de notre côté, 18 militaires arméniens ont été tués et environ 35, blessés", a annoncé le président arménien Serge Sarkissian lors d'une allocution télévisée.

"Il s'agit des plus graves combats armés depuis la mise en place d'un cessez-le-feu en 1994", a-t-il souligné.

Au moins "douze soldats azerbaïdjanais ont été tués au combat et un hélicoptère a été abattu par les forces arméniennes", a déclaré dans un communiqué le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

Erevan a également annoncé la mort d'un garçon de 12 ans, touché par des tirs d'artillerie azerbaïdjanais ayant également blessé deux civils dans un village de la frontière.

Sept civils ont été blessés au total selon les autorités de cette région séparatiste, soutenue par l'Arménie. Bakou a indiqué qu'un civil avait été tué du côté azerbaïdjanais.

Selon Erevan, "l'Azerbaïdjan a lancé vendredi soir une attaque massive à la frontière du Nagorny-Karabakh avec chars, artillerie et hélicoptères", ce que Bakou a immédiatement démenti, assurant que ses forces n'avaient fait que répondre à une attaque du côté arménien.

"Au cours des deux dernières heures, la situation sur la ligne de confrontation s'est stabilisée. Les tirs ont cessé", a annoncé samedi vers 18H30 GMT à l'AFP le porte-parole du ministère de la défense azerbaïdjanais, Vaguif Diargakhli.

Erevan a assuré de son côté "avoir ramené la situation sous contrôle et infligé des pertes importantes" à l'armée ennemie. "La situation reste tendue", a néanmoins estimé M. Sarkissian, présidant une réunion urgente de son gouvernement.

- 'cessez-le-feu immédiat' -

Le président russe Vladimir Poutine a appelé samedi "les deux parties à un cessez-le-feu immédiat et à faire preuve de retenue pour éviter qu'il y ait de nouvelles victimes". Les ministres russes des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et de la Défense, Sergueï Choïgou, ont aussi téléphoné à leurs homologues azerbaïdjanais et arménien.

De même, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a condamné "dans les termes les plus forts" ces affrontements, pressant les deux parties de "respecter strictement le cessez-le-feu".

Il a demandé aux belligérants, à l'instar du ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), "d'entrer immédiatement en négociations sous les auspices du groupe de Minsk".

Ce groupe de médiateurs internationaux, réunis sous l'égide de l'OSCE, a également souligné dans un communiqué leur "vive préoccupation" face à une éventuelle escalade.

En froid avec Erevan, le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré par téléphone sa "solidarité" avec son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

"Arrêt immédiat des combats", a également exigé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui s'est dit "particulièrement préoccupé par l'usage d'armes lourdes et par le grand nombre de victimes, dont des civils".

La Haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, a "appelé à la fin immédiate des combats et au respect du cessez-le-feu" de 1994, un appel repris par le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjoer Jagland et le président français François Hollande.

Le Nagorny-Karabakh, rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, a déjà été le théâtre d'une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azerbaïdjanais, entre 1988 et 1994. Il est désormais peuplé majoritairement d'Arméniens.

Malgré la signature en 1994 d'un cessez-le-feu, aucun traité de paix n'a été signé.

Jeudi, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, en visite à Washington, avait exigé devant le secrétaire d'Etat américain John Kerry "le retrait immédiat et sans conditions des troupes arméniennes" du Nagorny-Karabakh.

Son pays, dont le seul budget défense est certaines années plus important que le budget entier de l'Arménie, menace périodiquement de reprendre par la force la région séparatiste si les négociations n'aboutissent pas. L'Arménie estime qu'elle pourrait faire face à toute offensive.

Son puissant voisin russe possède une base terrestre et une base aérienne, que Moscou a renforcé en février avec notamment des avions de chasse de quatrième génération.

En 2014, les tensions entre les deux pays avaient culminé avec, en novembre, le crash d'un hélicoptère arménien abattu par les forces azerbaïdjanaises, provoquant la mort de ses trois membres de son équipage, selon les médias arméniens. Depuis, des accrochages armés ont régulièrement lieu.

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