DIVERTISSEMENT
01/04/2016 02:37 EDT

Francesca Blanchard: les voyages forment la maturité (VIDÉO/ENTREVUE)

Sarah Kjelleren

La voix de Francesca Blanchard, douce, envoûtante sur le magnifique album bilingue Deux visions - lancé chez nous en octobre dernier, aux États-Unis ensuite et en France le 26 mai prochain - transcende une bien plus grande maturité que les 23 ans qu’elle arbore réellement.

C’est peut-être l’effet des voyages qui ont marqué sa jeunesse d’auteure-compositrice franco-américaine, aujourd’hui établie au Vermont. Éthiopie, Burundi, Corée du Sud, Mauritanie, Rwanda, Kenya, Égypte, Thaïlande, Australie, Honduras, Tanzanie, Guatemala, Inde: Francesca Blanchard a rapidement appris à s’imprégner des diversités que l’existence a placées sur son chemin. Et pourtant, cette artiste complète, aussi diplômée de la Boston University avec licence de Théâtre, s’émeut lorsqu’on lui demande si elle espère faire voyager les cœurs et les esprits avec sa musique.

«Mes parents se sont rencontrés en mission humanitaire, à l’étranger, explique la jeune femme, en mélangeant joliment bouts de phrases en français et en anglais. C’était un but, pour eux, de voyager avec la famille, de faire découvrir de nouvelles cultures à leurs enfants. De leur apprendre que ce qui est différent n’est pas mauvais ou inconfortable, ne fait pas peur, que c’est juste différent. Ça nous a donc exposés à un point de vue, une perspective, assez ouverts.»

Auprès de ce papa français et de cette maman américaine, de sa soeur et son frère adoptifs d’Éthiopie et du Guatemala, Francesca Blanchard a baigné très tôt dans les chansons de Norah Jones, Elton John, Carla Bruni, Manu Chao, Tracy Chapman, Eva Cassidy, Diana Krall, Françoise Hardy, Édith Piaf, Alain Souchon, Aaron Neville, Stevie Wonder, Simon & Garfunkel, Virginia Rodriguez et Andrea Bocelli, pour ne nommer que ceux-là. Des influences qu’on remarque dans la folk poétique et accrocheuse de Deux visions, entre les rythmes de saxophone, de piano, de guitare, de batterie.

«Mes parents étaient très sensibles comme personnes. J’ai toujours été très romantique, j’ai eu une enfance romantique. Je suis née au Sud de la France, avec vue sur la Méditerranée, dans un environnement magnifique. Ça m’a formée comme artiste.»

Deux mondes

Francesca Blanchard pianote un peu, mais maîtrise surtout la guitare. Elle écrit tant en français qu’en anglais, pas pour «faire un statement», se dépêche-t-elle de préciser, mais parce que ça lui est naturel.

«Je suis née entre deux langues et deux cultures. Je parle dans ces deux langues. Je le fais parce que je peux, j’ai la chance d’appartenir à deux mondes. C’est mon art. C’est la façon dont je veux partager avec les gens.»

En 2011, un premier mini-album, Songs on an Ovation, un succès local au Vermont et dans les environs, installait l’univers de la jeune chanteuse et musicienne. En 2014, un producteur montréalais, Chris Velan, a mis sur pied une campagne de financement participatif via Indiegogo, pour amasser les 30 000$ qui ont ensuite permis à Francesca Blanchard d’enregistrer les 12 pistes de Deux visions au Vermont. À l’image de sa nomade vedette, le disque a été mixé à Montréal et finalisé à Londres.

Il n’est pas exagéré de parler de carrière internationale pour Francesca Blanchard, qui profite déjà d’un bon rayonnement aux États-Unis et qui a aussi éveillé quelques curiosités dans la Belle Province. D’ailleurs, Francesca Blanchard se sent chez elle à Montréal, où elle a joué aux FrancoFolies en 2013 et en 2015, comme nulle part ailleurs.

«Le Québec est génial, s’emballe-t-elle. Je veux chanter plus au Québec. Je pense potentiellement déménager à Montréal. La vie culturelle à Montréal est tellement vivante!»

Francesca Blanchard est en spectacle vendredi soir, 1er avril, à 20h, au Bar Le Ritz (179, Jean-Talon Ouest).

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