DIVERTISSEMENT
01/04/2016 03:04 EDT

Les films à l'affiche dès le 1er avril 2016 (VIDÉO/PHOTOS)

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine Voyez les images

LE CLAN

Argentine. 2015. 108 min.

Drame de Pablo Trapero avec Guillermo Francella, Peter Lanzani, Lili Popovich, Gaston Cocchiarale, Stefania Koessi, Giselle Motta, Franco Masini, Antonia Bengoechea, Fernando Miro.

Au début des années 1980, l'Argentine amorce une transition vers la démocratie. Arquimedes Puccio, ex-agent de la police secrète sous la dictature de Galtieri, fait profil bas. Soucieux de continuer à assurer le bien-être de sa famille, il se lance dans une audacieuse entreprise de kidnapping, en se servant comme appât de son fils Alejandro, joueur étoile de rugby. Malgré ses réticences morales, ce dernier obéit aveuglément à son père, qui exerce une forte emprise sur lui. La conviction du jeune athlète vacille toutefois quand il apprend que leur première victime, un de ses coéquipiers, a été abattue par son père, en dépit du versement de la rançon. Qu'à cela ne tienne, Alejandro emploie l'argent de ce rapt et des suivants pour ouvrir une boutique sportive. Il fait ainsi la connaissance d'une jeune cliente d'origine scandinave, et en tombe éperdument amoureux. Au point où il songe à l'épouser et à quitter le "business" familial. Arquimedes ne l'entend pas de cette oreille.

L'histoire de la famille Puccio est relatée avec un judicieux mélange de froideur et d'humour noir par Pablo Trapero (CARANCHO), dans un traitement visuel et musical qui évoque le cinéma de Scorsese. Par contre, la subtile déconstruction du récit peut générer de la confusion. En patriarche indigne, Guillermo Francella offre une prestation glaçante qui fera date.

LA DÉMOLITION FAMILIALE

Canada. 2016. 93 min.

Documentaire de Patrick Damien.

Dans le comté de Bellechasse, les derbys de démolition sont monnaie courante. Le village d'Armagh compte plusieurs amateurs de ce sport, dont David Godbout, qui court les championnats et les podiums depuis des décennies. Godbout est aujourd'hui le mentor de son voisin Christopher, adolescent malheureux sur les bancs d'école, qui rêve de froisser des carrosseries dans les rings poussiéreux de la région, comme son défunt père le faisait. Ses débuts prometteurs coïncident avec le retour au bercail de sa cousine Marika, étudiante qui va consacrer son été à préparer son premier derby. La jeune fille pourra compter sur l'aide de David, son père, avec qui elle tente par la même occasion un rapprochement.

Patrick Damien a filmé ses voisins et amis durant quelques années avant d'assembler ses images. Or, son film manque de repères pour le spectateur (géographique, contextuel, narratif) et son sujet, bien que fascinant et inédit, est atténué par une absence de réel propos. Au mieux, LA DÉMOLITION FAMILIALE possède le charme discret d'un "home movie".

UNE HISTOIRE DE FOU

France. 2015. 140 min.

Drame de Robert Guédiguian avec Syrus Shahidi, Ariane Ascaride, Grégoire Leprince-Ringuet, Simon Abkarian, Razane Jammal, Rodney Al Haddad, Robinson Stévenin, Amir El Kacem, Lola Naymark.

Dans la France des années 1980, Aram, jeune Marseillais d'origine arménienne, s'engage dans la lutte violente des siens pour rappeler au monde le génocide dont ils ont été victimes au début du siècle. Mais en faisant sauter à Paris la voiture de l'ambassadeur de Turquie, Aram blesse accidentellement Gilles Tessier, un jeune cycliste étudiant en médecine. Bien que rongé par la culpabilité, Aram, épris d'une consoeur de lutte, part rejoindre à Beyrouth l'armée de libération de l'Arménie. Entretemps, Anouch, la mère du terroriste, débarque dans la chambre d'hôpital de Gilles, afin de lui demander pardon pour le geste posé par son fils. Un fils dont le jeune homme, infirme pour la vie, commence à comprendre les motivations, et avec lequel il voudrait qu'Anouch organise une rencontre...

Bien qu'inspirée d'une histoire vraie, cette réflexion complexe et actuelle sur le terrorisme est minée par un scénario mélodramatique et des personnages unidimensionnels. Bien intentionné, mais inégal et parfois scolaire, l'ensemble s'avère intelligent, sincère et émouvant, et finit par s'imposer comme un vibrant rappel du premier génocide du XXe siècle.

MIDNIGHT SPECIAL

États-Unis. 2015. 112 min.

Science-fiction de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Jaeden Lieberher, Kirsten Dunst, Joel Edgerton, Adam Driver, Paul Sparks.

Alton, huit ans, est recherché par le FBI et la NSA. Considéré comme un messie dans la secte religieuse texane où il a été élevé, l'enfant doté de pouvoirs surnaturels mystérieux a été kidnappé par son père Roy. But de ce dernier: ramener Alton à sa mère Sarah, puis leur trouver un abri. Avec l'aide de son ami Lucas, policier de province, Roy parvient à éviter les pièges que les autorités tentaculaires, aux motivations suspectes, posent sur leur chemin. Mais l'étau se resserre quand, lors d'une halte dans une station-service, le garçon laissé seul durant quelques minutes fait exploser à distance le satellite de surveillance qui venait de le repérer. Roy, Lucas et Alton parviennent indemnes à la porte de Sarah. Où la cavale ne fait que commencer.

Le cinéaste indépendant Jeff Nichols (TAKE SHELTER, MUD) a fait cuire dans le fourneau de Warner ce conte de science-fiction riche mais pas tout à fait abouti, au carrefour de CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND et PARIS, TEXAS. L'esprit du réalisateur est demeuré intact, mais son style s'est un peu ankylosé. Si bien que la magie opère par intermittence.

TRUMAN

Espagne. 2015. 108 min.

Comédie dramatique de Cesc Gay avec Javier Camara, Ricardo Darin, Dolores Fonzi, Eduard Fernandez, Alex Brendemuhl, Pedro Casablanc.

Quittant le Canada enneigé, où il a fondé un foyer, Tomas se rend à Madrid, afin de rendre visite à Julian, son ami d'université atteint d'un cancer généralisé. But inavoué du voyage que Tomas a planifié en secret avec Paula, la cousine de Julian: convaincre ce dernier de suivre un traitement de chimiothérapie qui lui permettra de gagner quelques mois. Mais à quel prix? objecte le malade. Résigné à laisser la mort venir, l'acteur de théâtre fauché accueille Tomas et ces quatre jours de permission madrilène comme une occasion de fêter la vie et de boucler quelques boucles. De cabinets de médecin en restaurants de la capitale, leur virée va les conduire jusqu'à Amsterdam, où le fils de Julian poursuit ses études. Chemin faisant, Tomas va aider son ami à trouver un nouveau foyer à Truman, son vieux chien, source de grande inquiétude pour lui.

Jouant sur les différences physiques et de caractère de ses deux formidables acteurs principaux, le réalisateur Cesc Gay (NICO AND DANI) nous offre un film de coeur, posé sur la frontière délicate entre le rire et les larmes, avec quelques moments forts d'un côté puis de l'autre. Sensible et fluide, la mise en scène reste à hauteur d'hommes et de regards.

UN PARADIS POUR TOUS

Canada. 2016. 76 min.

Comédie satirique de Robert Morin avec Stéphane Crête.

Jean-Guy Simard est dégoûté par la complaisance de ses supérieurs face au richissime patron d'une multinationale qui ne paie pas sa juste part d'impôt. C'est pourquoi le zélé fonctionnaire du ministère du revenu donne sa démission et entreprend le tournage d'une vidéo expliquant aux petites gens comment pratiquer l'évitement fiscal, en trois étapes faciles. Aux fins de son exposé, le comptable désabusé investit son propre argent. Il retire d'abord les deux cent mille dollars accumulés dans son REER en évitant de payer tout l'impôt dû, grâce à un subterfuge concocté avec une veuve de l'Alberta, une province dont le taux d'imposition est inférieure à celui du Québec. Ensuite, il place le fruit de la vente de sa maison dans un compte en Suisse, où le secret bancaire perdure. Enfin, il exporte dans un paradis fiscal les cinquante mille dollars en argent comptant que le millionnaire délinquant lui avait versés pour acheter son silence. Tout au long de sa démonstration, ponctuée de périls et de déceptions, Jean-Guy confie au spectateur des souvenirs d'enfance éprouvants.

Reprenant le dispositif minimaliste de PAPA À LA CHASSE AUX LAGOPÈDES, Robert Morin poursuit sa dénonciation des bandits à cravate, mais cette fois, avec un résultat décevant. Souvent gratuits, les éléments outranciers ou scabreux mettent en évidence la minceur d'un propos pourtant pertinent, et Stéphane Crête, qui tient tous les rôles, se vautre dans la caricature.