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Libye: le chef du gouvernement d'union à Tripoli

Le chef du gouvernement d'union nationale libyen parrainé par l'ONU, Fayez al-Sarraj, est arrivé mercredi par voie de mer à Tripoli malgré l'hostilité des autorités rivales dans le pays plongé dans le chaos.

Son arrivée a été saluée aussitôt par l'ONU, l'Union européenne, l'Italie et la France qui souhaitent traiter avec une autorité unifiée pour sortir le pays de la crise et faire face à la montée en puissance du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mais ce développement ouvre une période d'incertitudes, le gouvernement Sarraj étant contesté aussi bien par le cabinet et le Parlement de la coalition de milices de Fajr Libya installés à Tripoli que par ceux installés dans l'Est, même si certains de leurs membres lui ont apporté leur soutien.

Son arrivée fait d'ailleurs craindre aux habitants de Tripoli des affrontements armés entre les autorités de Fajr Libya et celles favorables au gouvernement d'union.

M. Sarraj, également président du Conseil présidentiel (CP), est arrivé depuis la Tunisie à la base navale de Tripoli à bord du bateau militaire libyen "Assaddada", escorté de navires pour le protéger, selon la page officielle Facebook du Conseil présidentiel.

"Le président et les membres du CP sont arrivés sains et sauf à Tripoli", a-t-il précisé.

M. Sarraj a été accueilli par des hauts gradés de la marine et des responsables locaux, dont Aref el-Khoja, ministre de l'Intérieur du gouvernement de Fajr Libya, signe clair d'une division au sein des autorités de Tripoli.

Vêtus d'uniformes bleu foncé et portant des casquettes blanches, une dizaine de hauts gradés de la marine se sont alignés pour le saluer avant de l'escorter au salon d'honneur.

Dans une brève allocution, M. Sarraj s'est engagé à faire de la "réconciliation et du règlement de la crise sécuritaire et économique" sa priorité.

Alors que l'enceinte extérieure de la base est gardée par des véhicules armés de batteries antiaériennes et arborant le sceau du ministère de l'Intérieur, des hommes armés en civil assuraient la protection de Fayez el-Sarraj et des six -sur neuf- membres du CP.

Aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès du gouvernement de Fajr Libya, dirigé par Khalifa el-Ghwell qui, mardi encore, disait sa ferme opposition au gouvernement d'union.

On ignorait dans l'immédiat où siègera le gouvernement de M. Sarraj. Selon des informations non confirmées, il pourrait au début opérer à partir de la base navale.

Aussitôt après son arrivée à Tripoli, l'émissaire de l'ONU en Libye, Martin Kobler, a salué une "étape importante dans la transition démocratique en Libye". Il a appelé sur son compte Twitter à un transfert de pouvoir "pacifique".

L'Union européenne a elle salué une "opportunité unique de se rassembler et de se réconcilier", en estimant crucial "pour les institutions et parties prenantes libyennes de montrer leur soutien et travailler" avec le gouvernement d'union.

La France a salué une "décision courageuse" pour la Libye, livrée aux milices depuis la révolte qui a chassé le dictateur Mouammar Kadhafi du pouvoir.

Dès la confirmation de l'arrivée de M. Sarraj à Tripoli et malgré l'important déploiement sécuritaire, des habitants ont laissé éclater leur joie en klaxonnant dans les rues du centre-ville.

"Les réactions des gens autour de moi dans un café à Tripoli ressemble à celle que l'on a lorsque quelque chose qu'on a commandé en ligne arrive enfin!" a dit Aladdin sur Twitter.

Les habitants de Tripoli espèrent que le CP "pourra servir le pays et son peuple", écrit Najiya sur la page Facebook du gouvernement.

Pour l'émissaire américain pour la Libye, Jonathan Winer, "il s'agit maintenant d'oeuvrer pour faire face aux défis en Libye".

Le gouvernement d'union a été mis en place après un accord politique signé fin 2015 au Maroc, sous l'égide de l'ONU, par des députés des deux Parlements rivaux et ce, malgré l'opposition des chefs de ces institutions.

Pour être officiellement investi, il devait obtenir la confiance du Parlement de Tobrouk. Après plusieurs échecs faute de quorum, l'entrée en fonction du gouvernement a finalement été proclamée le 12 mars sur la base d'un communiqué de soutien publié par une centaine de parlementaires de Tobrouk (sur 198).

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