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Haïti: un nouveau conseil électoral pour relancer les scrutins suspendus depuis janvier

Les neuf membres du nouveau conseil électoral provisoire (CEP) ont officiellement pris fonction mercredi à Port-au-Prince permettant la relance du processus électoral, laissé en suspend depuis janvier en raison des contestations répétées de l'opposition.

"La tâche à accomplir est immense pour redonner l'espoir à des millions de compatriotes qui attendent", a indiqué Mosler Georges, le directeur exécutif de cette administration en charge de l'organisation des élections.

"D'où la nécessité d'une véritable croisade civique nationale contre l'incompréhension et l'intolérance", a-t-il précisé lors de la cérémonie d'installation des conseillers.

Ces neuf personnalités, choisies par les secteurs religieux et professionnels de la société ainsi que par les organisations féministes et de défense des droits humains, ont, dans la matinée de mardi, prêté serment devant les juges de la cour de cassation.

Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que les scrutins législatif et présidentiel ont été reportés sine die en janvier, en raison des accusations de l'opposition dénonçant un "coup d'Etat électoral" fomenté par Michel Martelly, l'ancien président.

Au premier tour de la présidentielle, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule".

Faute d'élections tenues à temps, Michel Martelly a achevé son mandat le 7 février sans remettre le pouvoir à un successeur élu. Jocelerme Privert, à l'époque président du Sénat, a été élu président par intérim le 14 février pour un mandat limité à trois mois.

A peine installé, le nouveau CEP fait déjà face à de fortes pressions de l'opposition qui réclame, avant toute action, une vérification en profondeur des résultats des précédents tours de scrutins.

Une trentaine de partisans de Moïse Jean-Charles, le candidat arrivé en troisième position du premier tour de la présidentielle, ont brièvement manifesté mercredi midi devant les locaux du CEP pour exiger ce travail d'évaluation.

Le mandat du président provisoire s'achevant mi-mai, les membres du CEP reconnaissent la difficulté de leur mission mais assurent que la réussite du processus électoral ne dépend pas uniquement d'eux.

Parlant au nom de tous les membres du CEP, Carlos Hercule, conseiller nommé par l'église catholique, a précisé mercredi qu'il "est irréaliste de prétendre à la tenue d'élections crédibles, honnêtes et démocratiques si des forces corruptrices ne s'abstiennent pas, si des forces extérieures ne se gardent pas de trafic d'influence et de velléité de décider en lieu et place" des électeurs.

Soupçonnant toujours la mainmise du pouvoir exécutif sur les CEP successifs, les citoyens haïtiens ne s'impliquent guère plus dans les rendez-vous de la vie démocratique, accusant aussi la communauté internationale d'ingérence dans les processus électoraux, toujours financés en large partie par l'aide étrangère.

Le nouveau CEP a donc aussi la lourde tâche de motiver la participation citoyenne: à peine un quart des électeurs avait voté lors du premier tour de la présidentielle, en octobre dernier.

amb/faa

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