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Écrasement d'avion aux îles : pourquoi le pilote a-t-il décollé?

L'avion privé dans lequel se trouvait Jean Lapierre a quitté l'aéroport de Saint-Hubert mardi matin en direction des Îles-de-la-Madeleine, alors que les conditions météo dans cette région étaient déjà difficiles. Pourquoi alors avoir pris la décision de décoller?

Avec des informations d'Olivier Bachand

Le pilote était Pascal Gosselin, un ami de la famille Lapierre. Ce propriétaire d'Aéro Teknic, une entreprise spécialisée dans l'entretien d'avions, avait plus de 2400 heures de vol à son actif.

Pascal Gosselin avait demandé à un autre pilote, Fabrice Labourel, de l'accompagner pour l'épauler pendant le vol. M. Labourel a péri, lui aussi.

Alors que d'autres compagnies aériennes avaient annulé leur vol vers les Îles-de-la-Madeleine, plusieurs se demandent pourquoi l'équipage a tout de même décidé de s'envoler.

Au Canada, le pilote est responsable de tous les aspects du vol dans les petits appareils, incluant l'évaluation des conditions météo.

Selon Christian Guy, un ami de Pascal Gosselin, le pilote a été victime de sa générosité. « Pascal avait le coeur sur la main et je pense qu'il voulait vraiment aider M. Lapierre et sa famille », qui voulait se rendre aux Îles-de-la-Madeleine pour les funérailles de son père, croit M. Guy.

Malgré tout, Christian Guy estime que son ami était un être très consciencieux et n'aurait jamais pris de risques inutiles. « S'il a décidé de décoller hier, c'est qu'il était certain de pouvoir faire le vol en toute sécurité. »

Le responsable de la qualité à l'École nationale d'aérotechnique, Jean Potvin, estime aussi que le pilote était très professionnel.

Mauvaises conditions météo

« On nous annonçait que ça allait de mal en pis et que les conditions allaient s'aggraver », se rappelle le régulateur de vol Pierre Gauthier. « Honnêtement, j'ai un peu de misère à comprendre ce qui les a poussés à se rendre aux Îles. »

L'analyste en sécurité aérienne Daniel Adams renchérit : « en fonction des données météo qui prévalaient [mardi], il est clair dans mon esprit que je n'aurais pas initié d'approche aux Îles-de-la-Madeleine. »

Selon les règles en vigueur, le pilote aurait dû rebrousser chemin s'il était incapable de voir la piste à 500 pieds d'altitude. « On se doit de remonter et de retourner à notre point de départ ou d'aller à un aéroport de dégagement », explique M. Gauthier.

L'appareil qui s'est écrasé, un Mitsubishi MU-2, demande une grande vitesse d'approche à l'atterrissage, ce qui a peut-être compliqué les choses.

Plus de 330 personnes sont mortes lors d'écrasement d'avions Mitsubishi MU-2 dans le monde, ce qui soulève de nombreuses questions sur la sécurité de l'appareil.

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