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26/03/2016 12:13 EDT

Le tourisme spatial se cherche encore des responsables en cas d'accident

Virgin Galactic

Voilà des années qu'on le promet, mais le tourisme spatial semble vraiment proche. En tout cas, si vous avez plusieurs centaines de milliers de dollars à dépenser. Ce sera, quoi qu'il arrive, plus abordable que les dizaines de millions de dollars qu'ont déboursé les 7 touristes, envoyés dans la Station spatiale internationale par la Russie de 2001 à 2009.

Pour faire baisser drastiquement les prix, des sociétés privées envisagent des véhicules à mi-chemin entre l'avion et la fusée, permettant de faire des vols "suborbitaux", soit juste au-dessus de la frontière entre l'atmosphère et le vide spatial. Le 9 mars, Jeff Bezos, le PDG d'Amazon a affirmé que sa société Blue Origin, spécialisée dans les vols spatiaux, prévoyait d'envoyer ses premiers passagers dans l'espace d'ici 2018. En février, Richard Branson, le fondateur de Virgin, dévoilait VSS Unity, le nouveau vaisseau de Virgin Galactic, censé lui aussi emmener des touristes dans l'espace dans les années à venir.

Branson est un peu plus prudent que Bezos, même s'il envisage à terme un décollage par jour. Et pour cause: le SpaceShipTwo, le précédent vaisseau de la société, s'est crashé en 2014, tuant l'un des pilotes. Car même s'il y a déjà une longue liste d'attente pour faire partie des premiers touristes spatiaux, il ne faut pas oublier qu'un tel voyage sera toujours plus risqué que de prendre l'avion, en tout cas pendant encore des années.

Le grand flou

Des risques et un marché - qui pourrait tourner autour d'un milliard de dollars - qui font se poser des questions sur le cadre juridique. Justement, l'Organisation de l'aviation civile internationale a indiqué mardi 15 mars travailler sur un ensemble de règlements pour encadrer le transport spatial, y compris le tourisme.

En attendant que les normes se mettent en place, c'est le grand flou. S'ils quittent l'atmosphère terrestre, les touristes spatiaux seront-ils considérés comme des astronautes? "Actuellement, c'est le cas même si on ne passe que 5 minutes dans l'espace", explique Philippe Achilleas, responsable du master de droit spatial de Paris Saclay.

Avion ou fusée?

S'il y a de fortes chances que le cas soit réglé avant que les vols commerciaux ne se mettent en place, ce n'est qu'un exemple des multiples questions qui se posent. Par exemple, quid des vaisseaux, à la frontière entre l'avion et la fusée? Actuellement, l'Agence spatiale européenne n'a rien décidé, mais semble parler d'aéronef. "S'ils sont considérés comme un aéronef, c'est le droit aérien qui s'applique, qui est très strict et cadré", estime Charlotte Le Roux, spécialiste du droit spatial du cabinet Lexing Alain Bensoussan. Ce qui implique des certifications draconiennes pour les appareils. "Cela pourrait tuer le secteur", affirme l'avocate.

L'autre possibilité serait d'utiliser le droit spatial, qui régit ce qui se passe au-dessus de l'atmosphère, mis en place depuis 1958. "Dans ce cas, il faudrait des autorisations de lancement pour chaque vol", précise Philippe Achilleas.