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24/03/2016 02:54 EDT | Actualisé 24/03/2016 06:33 EDT

Julie Ringuette, bien plus que la «bitch» dans «Ruptures» (ENTREVUE)

VeroB

Semaine après semaine, les amateurs de la télésérie Ruptures prennent plaisir à détester le personnage de Justine Salvail, jeune avocate opportuniste qui semble prête à tout pour faire trébucher Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Claude (Isabelle Richer). Si certains téléspectateurs ont l’impression de découvrir un nouveau visage, les plus observateurs auront reconnu Julie Ringuette, qui jouait la sœur du personnage de Benoit Brière dans 30 vies à l’hiver 2014.

« Mes personnages dans Ruptures et dans 30 vies sont extrêmement différents, souligne la comédienne. Moi-même, je ne ressemble pas du tout à Justine dans la vie. J’ai mis de côté son toupet et ses tenues chics d’avocate. Je suis une petite tom boy. À l’époque où j’apparaissais dans 30 vies, je me faisais donner des câlins au Costco par ceux qui me reconnaissaient. Mais avec Ruptures, les gens me disent que je leur fais penser à quelqu’un, sans savoir qui. Il faut dire aussi que les téléspectateurs aiment plus ou moins Justine. »

Le personnage lui a d’ailleurs été présenté comme la « bitch » de l’émission. Un qualificatif qui ne lui suffisait pas pour préparer son rôle. « Suzanne Pringle, l’avocate de qui la télésérie est inspirée, m’a ensuite expliqué que Justine était une partie d’elle-même à 25 ans: une femme volontaire qui devait se battre dans un milieu d’hommes, à qui on ne faisait pas confiance et qui était prête à tout. Les gens la détestent, car elle fait de mauvais choix, mais au fond, elle veut surtout performer. »

Avec ce genre de nuances en tête, l’actrice a pris un malin plaisir à composer son personnage. « On la présente comme un pitbull qui défonce des portes, mais à la base, c’est probablement une file qui manque d’estime et qui veut trop. Quand je me branche là-dessus, j’arrive à ne pas jouer la caricature de l’ambitieuse-baveuse comme dans un soap américain. Elle veut vraiment avoir sa chance, mais personne ne la prend au sérieux. »

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Ringuette affirme même qu’elle se reconnaît en Justine. « Toute ma vie, j’ai été la fille qui était bonne pour faire des sketchs. Ça m’a pris du temps pour prouver que je pouvais jouer des trucs dramatiques, et pas juste être un clown. Comme Justine, j’ai été volontaire et parfois maladroite. Mais je comprends sa volonté d’être prise au sérieux. »

Les dizaines de milliers de spectateurs qui assistent chaque année à la Revue et corrigée au Théâtre du Rideau Vert ont d’ailleurs eu un aperçu du talent comique de la comédienne, qui a participé aux éditions 2014 et 2015.

« J’ai réalisé un rêve en faisant ça! Quand j’étais jeune, je faisais des imitations et des sketchs devant les Bye Bye des années 80. Et quand j’allais voir la Revue et corrigée, je me projetais en train de faire la même chose. Je voulais montrer au monde que je pouvais jouer, imiter et chanter! »

Ringuette est véritablement passionnée par la chanson, elle qui a étudié en théâtre musical au Cégep de Ste-Thérèse au début des années 2000. « J’ai toujours joué et chanté. Mais quand j’ai fait mes auditions en théâtre, on me mettait dans la case variété. On me disait que la portion jeu n’était pas assez poussée, alors on ne m’a pas prise. Finalement, j’ai été acceptée en théâtre musical et c’était le meilleur des deux mondes. Un jour, je rêve de participer à des comédies musicales. »

D’ici à ce que son souhait se réalise, elle remontera sur les planches pour la Revue et corrigée 2016, dont les répétitions débuteront en septembre. Elle terminera alors le tournage de la deuxième saison de Ruptures.

« Je ne sais pas encore ce qui va arriver à Justine et je m’en ronge les doigts jusqu’au sang! Dernièrement, la productrice Fabienne Larouche m’a dit que j’allais être très contente de ce qui lui arriverait. Quand je mets à rêver, chez moi, je me demande jusqu’où Justine est prête à aller : coucher avec un patron, séduire un juge ou autre chose? C’est un personnage à large palette. Mais on va peut-être aussi découvrir un côté plus doux chez elle. »