POLITIQUE
23/03/2016 06:57 EDT | Actualisé 23/03/2016 08:20 EDT

L'Association canadienne pour les armes à feu dénonce le projet de registre des armes à feu (VIDÉO)

QUÉBEC – L’Association canadienne pour les armes à feu demande au gouvernement Couillard de retirer son projet de registre québécois des armes à feu.

«Il faut carrément l’abandonner», estime l’avocat Guy Lavergne, embauché pour témoigner au nom de l’association devant commission parlementaire qui étudie le projet de loi 64.

L’équivalent canadien de la National Rifle Association a été le premier groupe à être entendu au premier jour des audiences mercredi. La NFA, selon son acronyme anglais, représente quelque 72 000 membres au Canada, dont près de 8 000 au Québec, selon Me Lavergne.

Le futur registre imposera trop de tracasseries administratives aux propriétaires d’armes à feu et ceux-ci s’exposeront à des amendes trop importantes, croit Me Lavergne. «S’il a une arme qui n’est pas encore immatriculée, [un chasseur] s’expose à une amende de 500$ à 5000$ par armes», a-t-il expliqué avant le début des travaux.

La NFA doute également que le registre coûte entre 15 et 20 millions$, comme le prétend le gouvernement Couillard. «C’est un chiffre qui, quant à moi, est sorti d’un chapeau», dit Me Lavergne, qui évalue plutôt son coût à 350 millions$, en se basant sur l’expérience fédérale.

De plus, il estime que le projet de loi vise à désarmer les citoyens. «C’est un système qui est fait pour décourager toutes les activités qui impliquent des armes à feu et pour éventuellement en arriver à une société où il n’y a que les policiers et les militaires qui auront des armes à feu, dit-il. L’agenda, c’est celui-là.»

Pour la NFA, le gouvernement devrait s’attaquer aux problèmes de santé mentale, plutôt qu’aux armes. Me Guy Lavergne a donné l’exemple de Guy Turcotte, qui a utilisé un couteau pour assassiner ses deux jeunes enfants. «Guy Turcotte n’avait pas un problème de couteau, il avait un problème de santé mentale», estime-t-il.

L’avocat affirme que l’argumentaire en faveur d’un registre des armes à feu «ne repose sur aucun fait vérifiable». «Les études statistiques sur les corrélations démontrent qu’il n’y a eu aucun effet, ni positif, ni négatif», lance-t-il au sujet de l’ancien registre canadien des armes d’épaule.

Selon le groupe PolySeSouvient, qui milite en faveur du registre, la NFA invite les femmes à s’armer pour se défendre sur sa page Facebook. La NFA a également pris position en faveur de l’élimination de la catégorie d’armes «prohibées», toujours selon PolySeSouvient.

Pour sa part, la députée solidaire Manon Massé s’est dite «surprise» de voir la NFA être le premier groupe à témoigner. «C’est un discours qui nous ramène à un certain discours États-Unien qu’on n’aime pas beaucoup», dit-il.

Plus tôt en journée, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a réitéré la volonté du gouvernement Couillard d’aller de l’avant avec le projet de loi 64. «On a pris un engagement qui est très ferme», a-t-il rappelé.

Il ajoute: «La question n’est pas de savoir si on doit avoir une connaissance sur les armes d’épaule qui sont en possession des citoyens et où elles sont; c’est de comment le faire et le faire d’une façon qui ne remette pas en question des activités traditionnelles comme la chasse et avec le minimum d’irritant possible et au coût le plus raisonnable possible.»

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