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23/03/2016 04:03 EDT | Actualisé 23/03/2016 04:19 EDT

«La vieillesse par une vraie vieille» de Janette Bertrand: Détruire les tabous, un à un (VIDÉO)

La vieillesse, un sujet tabou? Pas selon Janette Bertrand, qui s'est jetée en plein dans le sujet avec La vieillesse par une vraie vieille aux Éditions Libre Expression. Avec cette suite officieuse à sa biographie Ma vie en trois actes, l'auteure aborde plusieurs thèmes reliés à l'âge avec l'audace qu'on lui connait. Entrevue à l'occasion du lancement au Robin des Bois mardi dans une formule 5 à 7.

Depuis 90 ans - 91 ce vendredi -, Janette Bertrand est omniprésente dans le paysage culturel québécois. Comédienne, animatrice, auteure et journaliste, elle s'est toujours fait remarquer pour son intérêt pour les autres et surtout, pour son aisance à faire des messages qui en aurait fait grimacer bien d'autres. Avec La vieillesse par une vraie vieille, Bertrand ne perd pas ses bonnes habitudes: sexualité, amour, l'égalité homme-femme, préjugés envers les personnes âgées...

Surtout, Janette parle du choix le plus important qu'elle a fait dans la vie: celui d'être heureuse. Selon elle, le bonheur se travaille et s'entretient. «On a des choix à faire dans la vie, et je choisis le bonheur. Je crois beaucoup à la transmission. Je vis, alors je dois faire quelque chose avec ma vie. C'est un défaut de notre civilisation: on ne demande plus de conseils aux vieux. On veut leur job, on veut qu'ils s'en aillent... Tasse-toi mononcle!» Ce qui pousse certaines personnes âgées à s'isoler, à se couper du monde... La première erreur selon l'auteure. «Ne rien faire n'a jamais valorisé personne.»

Qui a dit que vieillesse rimait avec désuétude? Certainement pas Janette, qui compte développer de nouveaux projets toute sa vie. «C'est tout à fait faux que les gens âgés ne sont pas inutiles à la société. Il y a beaucoup de centenaires au Québec et ce n'est plus les vieux qu'on avait avant! Je lisais justement ce matin qu'une femme de mon âge, 91 ans, avait eu son diplôme dernièrement. C'est ça les nouveaux vieux. Je voulais changer l'image de la petite vieille.»

Janette et la politique

Elle a beau avoir multiplié les succès depuis le début de sa carrière, l'auteure avoue sans gêne qu'elle a encore peur de ne pas plaire au public. «Je doute tout le temps. On ne sait jamais. c'est un nouveau sujet. Je me trouve meilleure en fiction, et oui, j'ai peur. Je suis comme ça.»

Il faut dire que Janette a été échaudée par l'épisode de la Charte des valeurs et des Janettes, sur lequel elle revient dans La vieillesse par une vraie vieille. Selon elle, les femmes d'un certain âge n'ont pas le même espace pour s'exprimer dans notre société. «C'est caractéristique, on n'a pas le droit à l'erreur. Je me demande encore ce que j'ai dit.»

Aujourd'hui, l'auteure avoue qu'elle ne se prononcera plus sur des sujets du genre. «C'est fini, j'ai compris. Je ne parle pas. On peut comparer la politique à une langue étrangère. Je ne parle pas cette langue-là. Je dis toujours ce que je pense et il ne faut pas en politique. Ça m'a appris que je n'étais pas faite pour ça. Que je parle toujours avec mon coeur.»

La vieillesse par une vraie vieille de Janette Bertrand aux Éditions Libre Expression, en librairie dès maintenant.