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22/03/2016 03:26 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

USA: trois personnes inculpées pour violation de l'embargo sur l'Iran

Un Irano-Turc, au coeur d'un scandale de corruption qui a ébranlé la Turquie il y a deux ans, et deux Iraniens ont été inculpés aux Etats-Unis pour des transactions avec l'Iran en violation de l'embargo, a indiqué le ministère américain de la Justice.

Reza Zarrab, 33 ans, résidant en Turquie et possédant la double nationalité, a été arrêté le 19 mars et présenté au tribunal fédéral de Miami lundi, a précisé le ministère.

Les deux citoyens iraniens, Camelia Jamshidy, 29 ans, et Hossein Najafzadeh, 65 ans, sont toujours en liberté.

"Ainsi que cela a été établi, ces accusés ont conspiré pendant des années pour violer et échapper aux sanctions des Etats-Unis contre l'Iran et les institutions iraniennes", a déclaré le procureur américain Preet Bharara.

"En procédant à des opérations de blanchiment d'argent, Reza Zarrab, Camelia Jamshidi et Hossein Nadjafzadeh ont enfreint la réglementation américaine concernant les sanctions imposées à l'Iran", a expliqué M. Bharara.

Ces trois personnes sont accusées d'avoir conspiré entre les années 2010 et 2015 pour esquiver les sanctions américaines et internationales en camouflant des transactions financières effectuées pour le compte d'organisations iraniennes.

"Les accusations annoncées aujourd'hui devraient être un message à l'adresse de tous ceux qui essaient de cacher l'identité de leurs véritables partenaires", a indiqué Diego Rodriguez, directeur adjoint en charge du bureau de New York du FBI.

Reza Zarrab a fait la "une" de l'actualité turque pendant l'hiver 2013-2014, personnage central d'une affaire de corruption qui a éclaboussé le sommet de l'Etat turc, y compris le Premier ministre de l'époque Recep Tayyip Erdogan, aujourd'hui chef de l'Etat.

Il avait été arrêté le 17 décembre 2013 avec des dizaines d'autres personnes pour s'être livré à un trafic illicite d'or avec l'Iran facilité par des ministres du gouvernement islamo-conservateur d'Ankara. Trois d'entre eux avaient démissionné.

Des écoutes téléphoniques mises sur la place publique avaient également mis en cause M. Erdogan et son fils Bilal.

Le chef du gouvernement de l'époque a toujours nié ces accusations et riposté en dénonçant un complot ourdi par un de ses ex-alliés, l'imam Fethullah Gülen.

Il a ensuite lancé une chasse aux sorcières contre les proches de M. Gülen, qui s'est soldée par des dizaines d'arrestations, le limogeage de milliers de policiers, magistrats et fonctionnaires et le placement sous tutelle d'organes de presse d'opposition.

L'enquête turque, confiée à des juges proches du pouvoir, a été ensuite classée.

La Turquie a réclamé à plusieurs reprises l'extradition pour "terrorisme" de M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis, sans résultat pour l'instant.

L'arrestation de M. Zarrab intervient à la veille d'une visite, la semaine prochaine, de M. Erdogan sur le sol américain.

dw-pa/ros