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22/03/2016 07:29 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Sécurité renforcée et transports perturbés en Europe après les attentats de Bruxelles

Métros et bus à l'arrêt, aéroport et gares évacués, vols annulés... la Belgique s'est retrouvée en partie coupée du monde après les attentats de mardi, avec des répercussions partout en Europe où pratiquement tous les pays ont annoncé un renforcement de la sécurité.

De Londres à Rome, les gouvernements européens ont presque tous relevé leur vigilance antiterroriste et accru la protection de certains sites, comme les gares, aéroports ou centrales nucléaires.

A Bruxelles, le réseau de transport public a été fermé par l'opérateur STIB et l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, où ont eu lieu les premières explosions vers 07H00 GMT, est fermé jusqu'à 06H00 (05H00 GMT) mercredi.

Les grandes gares de la ville ont aussi fermé et rouvraient progressivement mardi après-midi pour permettre aux gens venus travailler de regagner leur domicile.

Selon Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, environ 500 vols ont été annulés pour la seule journée de mardi.

Les avions déjà en route pour Bruxelles au moment des explosions ont été redirigés notamment vers Charleroi (Belgique), Maastricht (Pays-Bas), ou Amsterdam et les compagnies ont dû s'adapter.

Du côté des trains, le trafic des Thalys (liaisons Paris-Bruxelles-Amsterdam-Cologne) est à l'arrêt sur l'ensemble du territoire belge, et ceux en circulation dans les pays limitrophes ont rebroussé chemin.

Les Eurostar qui relient Bruxelles à Londres sont aussi suspendus dans les deux sens, et ceux qui étaient déjà en circulation ont été arrêtés à Lille.

Du côté des autocars, les liaisons entre la France et la Belgique étaient soit suspendues, soit fortement perturbées, selon les compagnies.

Le mot d'ordre à la population du centre de crise belge sur son compte Twitter est clair: "Restez où vous vous trouvez".

- Contrôles aux frontières -

Les gouvernements européens ont rapidemment renforcé leurs dispositifs sécuritaires.

Le niveau d'alerte antiterroriste est passé à son niveau maximal, pour l'ensemble de la Belgique et la sécurité a été renforcée autour des deux centrales nucléaires de Belgique dont le personnel non nécessaire à l'exploitation a été évacué.

France, Allemagne et Pays-Bas ont renforcé les contrôles à leurs frontières avec la Belgique, imités par d'autres pays non limitrophes comme le Portugal.

La Bulgarie a aussi annoncé mettre en place un contrôle systématique à toutes ses frontières. "Nous avons instauré 100% de contrôles aux frontières immédiatement après avoir reçu les informations sur les attaques de Bruxelles", a déclaré la ministre de l'Intérieur Rumyana Bachvarova.

Un exercice antiterroriste planifié de longue date devait se tenir comme prévu mardi à Sofia, notamment dans le métro de la capitale bulgare.

Le métro, de même que les aéroports, ou les gares ont vu leur sécurité renforcée un peu partout, à Londres, Paris, Francfort, Copenhague, Prague...

L'onde de choc a traversé l'Atlantique, la police de New York annonçant qu'elle renforçait la sécurité "par précaution" et pour "rassurer le public", et celle de Washington musclant ses patrouilles dans le métro.

- Patrouilles réarmées à Oslo -

La Russie, endeuillée fin octobre par un attentat visant un charter dans le Sinaï égyptien, a aussi intensifié les contrôles et décidé d'employer des appareils détectants certains gaz dans les bagages.

Des véhicules blindés ont été envoyés dans les aéroports parisiens d'Orly et de Roissy et en Espagne, police anti-émeute et unités canines étaient déployées à l'aéroport de Barcelone.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a évoqué "un renforcement des patrouilles dans les aéroports, (et) dans certaines gares".

A Genève, la police a décidé de "renforcer le dispositif de sécurité sur le site de l'aéroport" et "d'augmenter la visibilité des forces de sécurité autour de plusieurs lieux sensibles", en particulier les gares, les bâtiments internationaux et les lieux de rassemblement.

En Norvège, les patrouilles de police à Oslo ont été réarmées.

En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve prévoit de déployer au total 1.600 policiers et gendarmes supplémentaires.

Pour renforcer la sécurité dans les transports en commun, les autorités vont réserver l'accès aux zones publiques des transports "aux personnes munies d'un billet et/ou d'un titre d'identité" et mettre en place des "mesures de contrôle et palpation systématiques".

De plus, la France, par la voix de son Premier ministre Manuel Valls a de nouveau appelé le Parlement européen à adopter rapidement le registre européen des passagers aériens, dit "PNR", malgré l'hostilité de parlementaires européens, de gauche notamment, à l'encontre de cet outil de l'antiterrorisme.

"A mon tour, je le dis: il est temps de l'adopter. Et je dis notamment aux groupes socialiste et écologiste du Parlement européen: chacun doit prendre ses responsabilités (...) On a assez perdu de temps sur cette question", a-t-il dit devant les députés français à l'Assemblée nationale.

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