NOUVELLES
22/03/2016 10:47 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Sahara occidental: Rabat fait fermer un bureau de liaison militaire de l'ONU

L'ONU a annoncé mardi avoir fermé à la demande du Maroc son bureau de liaison militaire à Dakhla, au Sahara occidental, et évacué les trois observateurs militaires qui en avaient la charge.

Il s'agit du dernier épisode en date de la querelle entre l'ONU et Rabat au sujet du Sahara occidental.

Les trois observateurs ont été transférés lundi à Aousserd, dans l'ouest du territoire sous contrôle marocain, a précisé le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq. Rabat leur avait donné 72 heures pour partir.

"C'est la première demande (marocaine) visant directement la composante militaire" de la mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso), a souligné le porte-parole.

Les Marocains ont déjà expulsé dimanche la majeure partie des experts civils internationaux de la Minurso, soit 73 personnes. Elles ont été installées à Las Palmas (Canaries) ou sont rentrées en congés dans leur pays d'origine.

L'expulsion des observateurs militaires de Dakhla "rendra plus difficile le dialogue direct" avec l'armée marocaine, notamment pour surveiller le cessez-le-feu instauré en 1991, a noté le porte-parole.

Il a une nouvelle fois accusé le Maroc de faillir à ses obligations internationales.

La Minurso, forte de 500 civils et militaires, a été déployée en 1991 pour surveiller un cessez-le-feu et préparer un referendum sur le sort du territoire. Mais Rabat ne veut pas entendre parler de ce scrutin, estimant que le Sahara occidental, qu'il a annexé en 1975, fait désormais partie intégrante du royaume, et il ne propose qu'une large autonomie sous sa souveraineté.

Selon des diplomates, les Etats-Unis préparent un projet de déclaration du Conseil de sécurité qui appellerait à faire baisser la tension et à trouver une solution mais sans prendre parti pour l'un ou l'autre camp.

La France de son côté a engagé des contacts intensifs pour rétablir un dialogue entre l'ONU et Rabat.

Saisi de l'affaire jeudi dernier, le Conseil de sécurité n'avait alors pas réussi à adopter une position commune, laissant à chacun de ses membres le soin de traiter individuellement avec le Maroc pour tenter d'apaiser cette querelle.

Elle a pour origine une visite début mars de M. Ban dans un camp de réfugiés sahraouis en Algérie.

Le gouvernement marocain avait été ulcéré de l'entendre parler ensuite d'"occupation" du Sahara occidental.

avz/elm