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22/03/2016 05:02 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Prolongation de trois mois de l'état d'urgence en Tunisie (présidence)

La présidence tunisienne a annoncé mardi la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence en vigueur depuis un attentat suicide meurtrier perpétré le 24 novembre en plein Tunis.

Le chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi "a décidé, après consultations, (...) de prolonger l'état d'urgence pour une période de trois mois à compter du 23 mars", a indiqué la présidence de la République dans un bref communiqué.

Il s'agit de la troisième prolongation de la mesure, qui permet notamment aux autorités d'interdire les grèves et les réunions "de nature à provoquer ou entretenir le désordre", de fermer provisoirement "salles de spectacle et débits de boissons" ainsi que de "prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature".

La dernière prolongation en date, le 22 février, ne prévoyait qu'une période d'un mois.

Entre-temps, la Tunisie, à la fois pionnière et unique rescapée des Printemps arabes de 2011, a été frappée --le 7 mars-- par des attaques jihadistes sans précédent contre des installations sécuritaires de Ben Guerdane, ville proche de la Libye.

Treize membres des forces de l'ordre et sept civils sont morts dans ces attaques, tandis que 49 extrémistes ont été tués dans la riposte. Elles n'ont pas été revendiquées mais les autorités ont affirmé qu'elles visaient à instaurer un "émirat" du groupe extrémiste Etat islamique (EI) dans le pays.

Des opérations de ratissage se poursuivent dans la région, et trois "terroristes" ont encore été abattus durant le week-end.

La ville de Ben Guerdane est elle-même l'objet d'un couvre-feu nocturne qui a été allégé lundi et qui est désormais en vigueur de 22H00 à 05h00 (21H00 à 04H00 GMT).

Les postes-frontières avec la Libye, fermés depuis le 7 mars, ont en outre été rouverts mardi matin.

La Tunisie est confrontée à un essor de la mouvance jihadiste depuis sa révolution de 2011 et compte plusieurs milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations comme l'EI, en Syrie, en Irak mais aussi en Libye voisine.

La situation s'est sensiblement dégradée l'an dernier avec trois attentats d'ampleur (au musée du Bardo, à Sousse et dans le centre de Tunis), tous revendiqués par l'EI, qui ont fait 72 morts au total dont 59 touristes étrangers.

gk/vl