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22/03/2016 04:43 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Pourparlers sur la Syrie: l'opposition affiche sa "patience" envers le régime

L'opposition syrienne a affiché mardi sa "patience" face aux "provocations" du régime de Damas qui, la veille, a refusé de discuter du sort du président Bachar al-Assad dans le cadre des pourparlers de paix de Genève.

"La délégation du gouvernement continue d'éviter les échéances et essaye d'énerver l'opposition pour obtenir une réaction", a déclaré à l'AFP Hisham Marwa, conseiller du Haut comité des négociations (HCN).

Le régime exige que le président "Assad reste au pouvoir, c'est totalement inacceptable pour nous", a-t-il ajouté.

Mais, selon lui, "cela n'affecte pas notre décision de nous impliquer dans le processus politique et de montrer un grand niveau de responsabilité et de patience."

Une délégation du HCN, qui regroupe des opposants politiques et des représentants de groupes armés, devait rencontrer mardi après-midi l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura.

Celui-ci supervise depuis huit jours des discussions indirectes entre l'opposition et le régime de Damas dans l'espoir de mettre un terme à un conflit qui a déjà fait plus de 270.000 morts et forcé des millions de personnes à l'exode.

A l'issue de la première semaine de travail, le diplomate italo-suédois avait loué les "propositions substantielles" de l'opposition et regretté que le régime en reste aux déclarations de principe.

Lundi, il a de nouveau mis la pression sur les émissaires de Damas, en les enjoignant à définir leur vision de la "transition politique" censée émerger des discussions.

Malgré ces pressions, le négociateur en chef du régime, Bachar al-Jaafari, n'a rien lâché, refusant catégoriquement d'évoquer le sort d'Assad et de discuter de la transition. Avec défiance, il a rejetté le blâme sur l'opposition.

"Il a attaqué toute notre délégation", en reprochant aux opposants politiques d'être à la solde de l'Arabie Saoudite et aux représentants des groupes armés d'être "terroristes", a souligné M. Marwa, pour qui, cela prouve que le régime n'est pas prêt à discuter "sérieusement".

Selon la feuille de route fixée par l'ONU, les pourparlers doivent aboutir à la mise en place, dans les six mois, d'un "organe de transition", chargé d'adopter une nouvelle Constitution et d'organiser des élections d'ici 18 mois.

La définition de cet "organe" divise les deux camps: pour le régime, il ne peut s'agir que d'un gouvernement élargi à quelques opposants. L'opposition exige le départ immédiat de Bachar al-Assad et de réels pouvoirs.

Les deux camps en discuteront encore avec Staffan de Mistura mercredi et jeudi, avant une pause de plusieurs jours.

lar-chp/at