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22/03/2016 10:58 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Obama s'adresse directement aux Cubains pour demander plus de libertés

LA HAVANE — Le président américain Barack Obama a demandé mardi aux Cubains d'envisager l'avenir avec confiance, quand il a présenté sa visite historique sur l'île communiste comme une occasion «d'enterrer les derniers vestiges de la guerre froide en Amérique».

En dépit de l'enthousiasme que suscite la nouvelle relation autant à Cuba qu'aux États-Unis, M. Obama a reconnu que des différences fondamentales persistent entre les deux pays, notamment au chapitre de la démocratie et des droits de la personne.

En présence du président cubain Raul Castro, alors que des millions de Cubains écoutaient son discours à la télévision, M. Obama a demandé que les citoyens «puissent s'exprimer sans crainte» et choisir leurs leaders dans le cadre d'élections justes et libres.

Le président américain a eu droit à des applaudissements nourris quand il a de nouveau demandé au Congrès des États-Unis d'abolir l'embargo économique imposé à Cuba, qualifiant cette mesure de «fardeau dépassé pour le peuple cubain».

Il a ensuite déclaré que la nouvelle relation entre Cuba et les États-Unis nécessite une bonne dose d'honnêteté, même lorsqu'il est question des problèmes de l'autre. Le président Castro ne s'était ainsi pas gêné pour souligner que les États-Unis sont incapables d'offrir à leurs citoyens un accès universel aux soins de santé et à l'éducation, comme cela est le cas à Cuba.

M. Obama a répliqué que les Américains apprécient ce genre de débat et rappelé que sa propre vie a été façonnée par le combat pour les libertés civiles. Il a ainsi souligné que quand son père et sa mère sont arrivés du Kenya, plusieurs États américains leur auraient interdit le droit de se marier, et que quand il était enfant plusieurs écoles du sud du pays étaient toujours ségréguées.

«Mais les gens se sont organisés. Ils ont manifesté. Ils ont discuté de ces enjeux. Ils ont questionné leurs dirigeants, a-t-il dit. Et en raison de ces manifestations et de ces débats et de la mobilisation populaire, je me tiens ici aujourd'hui en tant qu'Afro-Américain et en tant que président.»

Les gens présents ont applaudi.

Il a ensuite tourné son attention vers la campagne présidentielle.

«Le processus démocratique n'est pas toujours joli, a dit M. Obama. C'est souvent frustrant. Mais regardez bien la campagne américaine qui se déroule actuellement: nous avons deux Cubano-Américains du Parti républicain qui se présentent contre l'héritage d'un Noir qui est président, tout en prétendant qu'ils sont les mieux placés pour battre le candidat démocrate, qui sera soit une femme, soit un socialiste démocratique. Qui l'aurait cru en 1959? Ça illustre bien nos progrès en tant que démocratie.»

Cette fois la foule a ri et applaudi.

M. Obama s'est plus tard entretenu avec des dissidents cubains, dont il a vanté le «courage extraordinaire». Il a notamment rencontré la journaliste Miriam Celaya, l'avocate Larizta Diversent et les militants Manuel Cuesta et Jose Daniel Ferrer.

Le président Obama a enfin assisté à un match de baseball entre l'équipe nationale cubaine et les Rays de Tampa Bay. Il était accompagné de la veuve du légendaire Jackie Robinson, qu'il a présentée à Raul Castro.