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22/03/2016 07:42 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Obama à La Havane: "Je crois en le peuple cubain"

Au dernier jour d'une visite historique, Barack Obama a défendu mardi avec force la liberté d'expression pour tous les Cubains, affirmant être venu à La Havene pour "enterrer le dernier vestige" de la Guerre froide.

"Creo en el pueblo cubano", a lancé le président américain en espagnol, avant de se répéter en anglais :"Je crois en le peuple cubain", lors d'un discours retransmis en direct à la télévision depuis un grand théâtre de La Havane.

Présent au théâtre Alicia alonso, le président cubain Raul Castro n'a pas manifesté la moindre émotion pendant la plus grande partie du discours mais a applaudi lorsque M. Obama a appelé le Congrès américain à lever l'embargo et lorsqu'il a évoqué Nelson Mandela.

Plaidant pour l'amélioration des relations entre les deux pays, figées pendant un demi-siècle, M. Obama a livré un véritable plaidoyer pour les libertés dans le pays communiste.

"Je pense que les citoyens devraient être libres d'exprimer leurs opinions sans peur, de critiquer leur gouvernement et manifester de manière pacifique", a déclaré M. Obama devant quelque 1.300 personnes.

"Je crois que les électeurs devraient pouvoir choisir leur gouvernement dans des élections libres et démocratiques", a-t-il martelé, sous les applaudissements.

"J'ai clairement dit que les Etats-Unis n'avaient ni la capacité ni l'intention d'imposer des changements à Cuba", a-t-il ajouté. "Les changements à venir dépendront du peuple cubain", a-t-il martelé.

Le président a reçu une salve d'applaudissements lorsqu'il a appelé, comme il l'a déjà fait à de très nombreuses reprise, la Congrès américain à lever l'embargo qui étrangle l'économie cubaine depuis 1962.

- 'Si se puede !' -

"C'est un poids pour le peuple cubain et cela n'a plus lieu d'être", a-t-il lancé. "C'est un poids pour les Américains qui veulent travailler et investir à Cuba", a-t-il ajouté. "Il est temps de le lever !".

"Si se puede!" (Oui, c'est possible), a-t-il lancé en conclusion, en reprenant à son fameux slogan "Yes we can!".

Avec cette tribune inédite, M. Obama s'est aussi adressé à la communauté cubaine en exil : quelque deux millions de personnes, dont la moitié vit à Miami, en Floride.

Le changement démographique parmi les exilés a modifié la donne : la nouvelle génération, qu'elle soit née aux Etats-Unis ou fraîchement immigrée, ne partage en effet pas la ferveur anti-Castro des années 1960 à 1980.

Le 17 décembre 2014, le président américain était apparu une première fois sur les écrans cubains depuis la Maison Blanche, annonçant - à la surprise générale - un rapprochement avec le régime communiste.

Barack Obama n'a cependant pas pu prendre un bain de foule à son arrivée ou à sa sortie du grand théâtre Alicia Alonso, puisque les rues de la vieille Havane étaient totalement désertes, sous bonne garde de la sécurité d'Etat, dans un rayon d'au moins un kilomètre.

A l'issue de cette allocution, M. Obama devait s'entretenir avec un groupe de dissidents et d'opposants cubains à l'ambassade des Etats-Unis.

Parmi les invités, Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'homme (CCDH), a indiqué à l'AFP attendre du président américain "un message de reconnaissance humaine et d'appui à nos efforts pacifiques". Il a précisé qu'une dizaine d'opposants avaient été invités à cette rencontre.

La Maison Blanche reconnaît ouvertement le peu de progrès enregistrés sur les libertés individuelles.

Avant de s'envoler pour l'Argentine, le président américain devait assister dans un stade de 55.000 places rafraîchi pour l'occasion, à un match de baseball très attendu entre les Tampa Bay Rays de Floride et l'équipe nationale de Cuba.

"C'est un honneur de jouer devant deux présidents", a estimé l'entraîneur de Tampa Bay, Kevin Cash, qui a désigné comme premier batteur Dayron Varona, le seul Cubain membre de l'équipe américaine, qui a fui clandestinement l'île il y a deux ans pour évoluer au sein du championnat américain.

A peine Air Force One aura-t-il décollé, les Cubains se tourneront vers une autre visite, très attendue elle aussi : celle des Rolling Stones, qui donneront vendredi un grand concert gratuit.

jca-ag/at