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22/03/2016 06:59 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Libye: les pays voisins réclament l'installation du gouvernement d'union à Tripoli

Les pays voisins de la Libye ont insisté mardi à Tunis sur la nécessité de l'installation à Tripoli du gouvernement d'union libyen, afin notamment de contenir la menace des groupes extrémistes comme l'organisation Etat islamique (EI).

Les représentants de la Tunisie, de l'Algérie, de l'Egypte, du Soudan, du Niger et du Tchad ont affirmé leur soutien au gouvernement d'entente nationale et souligné "la nécessité d'accélérer son départ pour Tripoli", selon le communiqué final.

L'entrée en fonctions d'un gouvernement d'union libyen a été récemment proclamée par le conseil présidentiel, un organe composé de membres de factions rivales libyennes et mis en place par un accord négocié sous l'égide de l'ONU.

Ce gouvernement est censé remplacer les deux autres gouvernements qui se disputent le pouvoir, celui installé dans la capitale Tripoli --soutenu par une coalition de milices-- et l'autre basé dans l'est, soutenu par le Parlement élu.

Mais ces autorités rivales ont rejeté tour à tour ce gouvernement, dont certains membres se trouvent hors de Libye, comme le Premier ministre Fayez al-Sarraj.

Les ministres des pays voisins ont aussi réclamé, selon le texte, que "toute action militaire (en Libye) destinée à combattre le terrorisme" se fasse "sur la base d'une demande du gouvernement d'entente nationale et conformément aux principes de la charte des Nations unies".

Cette réunion, qui reflète "l'inquiétude des pays voisins", s'est tenue "dans le cadre des consultations et de la coopération pour aider les frères libyens à trouver une solution à la crise politique", a déclaré devant la presse le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui.

A l'ouverture de la réunion, il avait appelé à "davantage de coordination (...) pour trouver les moyens de mettre un terme aux souffrances du peuple libyen".

"La multiplication (...) des groupes terroristes et leur contrôle de certaines régions libyennes est une source d'inquiétude extrême", notamment pour "la stabilité des pays voisins", a ajouté le ministre, rappelant l'attaque sans précédent qui a visé le 7 mars des installations sécuritaires à Ben Guerdane, ville tunisienne frontalière.

Présent, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, a exhorté les participants à soutenir le processus politique parrainé par les Nations unies.

"Le processus demeure précaire (...). Pendant ce temps, les groupes terroristes continuent à tirer profit des divisions politiques et les Libyens ainsi que les peuples voisins continuent à en subir les conséquences", a-t-il déclaré.

"Daech (un acronyme arabe de l'EI, ndlr) en Libye constitue une menace croissante et imminente", a-t-il ajouté.

"Il faut maintenant quitter les salles de conférence, la théorie et aller à la réalité, et le conseil présidentiel doit s'établir à Tripoli", a insisté M. Kobler, estimant que cette installation prendrait "des jours et pas des semaines".

L'émissaire de l'ONU a également appelé à "réformer et unifier les forces de sécurité libyennes". Une future armée "doit inclure des éléments de l'est, de l'ouest et du sud (...), tous les éléments qui font partie de la réalité politique et ça inclut le général Haftar aussi", a-t-il jugé.

Cette figure controversée, qui dirige les forces dépendant des autorités de l'est, "doit faire partie d'une solution", a-t-il insisté.

"Il faut refléter, pas diviser le pays, incorporer tous les éléments de la vie politique en Libye (...). Sans cela on ne peut pas garder l'unité", a-t-il poursuivi.

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