NOUVELLES
22/03/2016 09:32 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Les migrants pakistanais de Lesbos jettent l'éponge et se rendent à la police

Quelques centaines de migrants pakistanais présents sur l'île de Lesbos, pas encore interpellés pour être placés en centre de rétention en vue d'un renvoi dans leur pays, ont décidé de se rendre à la police "pour éviter toute violence", ont indiqué mardi des bénévoles à l'AFP.

"Les membres de la communauté pakistanaise sont venus nous dire que par respect pour les bénévoles et pour la Grèce, ainsi que pour éviter toute violence, ils allaient volontairement se rendre dans le hot spot de Moria", a expliqué Sonia McCalum, une bénévole américaine qui contribue à animer le camp improvisé installé sur le côté du centre d'enregistrement de Moria.

Ceux qui rentrent dans ce "hotspot" ne peuvent plus en sortir librement depuis l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie qui prévoit le renvoi à peu près systématique en Turquie des nouveaux entrants irréguliers sur les îles grecques depuis dimanche matin.

127 migrants, la plupart pakistanais, ont ainsi été arrêtés en pleine mer mardi par les autorités grecques, et conduits immédiatement à Moria.

Dans ce contexte, les règles ordinaires de traitement de l'immigration illégale sont appliquées par les Grecs avec une nouvelle vigueur, même pour les personnes entrées avant le 20 mars.

Les Pakistanais, généralement non éligibles à l'asile, en font notamment les frais : ainsi, 150 d'entre eux ont été transférés mardi de Lesbos au continent pour y être placés en rétention à Corinthe, près d'Athènes.

Ceux qui campaient près du "hotspot" de Moria ont fait mardi des adieux émus aux bénévoles.

"Ici il y avait 800 personnes et d'ici ce soir tout le monde aura quitté le camp et aura été enregistré par la police grecque", a souligné auprès de l'AFP Emma, une bénévole irlandaise.

Sirag, qui se dit membre de la communauté baloutche (peuple iranien vivant majoritairement au sud-ouest du Pakistan) conserve un petit espoir en se dirigeant avec deux amis vers le camp de Moria. "Jusqu'à maintenant les autorités grecques ne prenaient pas nos demandes d'asile, car les Syriens étaient prioritaires. Mais je vais essayer d'obtenir l'asile en expliquant mon cas", dit-il.

Inam Shariff, un quadragénaire arrivé il y a dix jours, a les larmes aux yeux en quittant les bénévoles. Lui aussi, qui se dit chrétien et ex-policier, espère convaincre en évoquant des propos menaçants que lui auraient tenus des collègues musulmans.

Il y a actuellement plus de 52.000 migrants et réfugiés en Grèce, selon le décompte officiel du gouvernement, enfermés dans le pays depuis la fermeture de fait de la frontière avec la Macédoine début mars.

mr-od/cb/mct