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22/03/2016 01:48 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Le rapprochement avec Cuba vu par des Cubano-Américains

Par sa visite en sol cubain, une première pour un président américain depuis 88 ans, Barack Obama souhaite rapprocher les États-Unis et Cuba, avec comme projet politique central la levée de l'embargo. Mais qu'en pensent les Cubano-Américains vivant aux États-Unis? Tour d'horizon.

Un texte de Marcel Calfat

Bien des Cubano-Américains appuient une ouverture envers Cuba. Mais ils reprochent au président Obama d'avoir fait des « concessions morales » au régime Castro, en n'exigeant pas l'arrêt des politiques répressives vis-à-vis des Cubains : les limites à la liberté d'expression, l'emprisonnement des dissidents, etc.

La population d'origine cubaine aux États-Unis est de 2 millions, selon le Centre de recherche Pew. Ce groupe a plus que doublé depuis 1980 : 57 % sont nés en dehors des États-Unis - comparé à 35 % des Hispaniques et 13 % de la population en général - et 47 % vivent aux États-Unis depuis plus de 20 ans. Finalement, 59 % d'entre eux ont la nationalité américaine.

Des exilés anticastristes se rassemblent tous les jours au parc Maximo Gomez pour jouer aux dominos. Toutefois, l'opposition farouche au régime Castro s'est estompée avec le temps. En juin 2014, deux tiers des Cubano-Américains du comté de Miami-Dade appuient la reprise des relations diplomatiques avec Cuba. Chez les jeunes de 18 à 29 ans, l'appui monte à 90 %, et chute à un tiers chez les plus de 70 ans.

René Janero, 93 ans, un des doyens du parc des dominos, montre sa photo prise au même parc en 1961. Il se demande ce que gagnera le peuple cubain de la visite d'Obama. Il n'a aucune intention de retourner sur l'île malgré le rapprochement entre les deux pays.

Carlos Lopez-Cantera, le lieutenant-gouverneur de la Floride, est critique envers le silence du président Obama sur les droits de l'homme à Cuba. Il est inquiet des conséquences de l'ouverture à moyen terme.

Miriam de la Pena accuse le gouvernement castriste du meurtre de son fils Mario, dont la photo apparaît en haut à droite sur l'affiche derrière elle.

Alfredo Duran, 79 ans, a fait parti de la Brigada de asalto 2506, un groupe anticastriste soutenu par la CIA dont la tentative d'invasion de Cuba à la Baie des Cochons en 1961 a été un échec lamentable. Il prône la levée de l'embargo.

Lester Alvarez, un étudiant de 25 ans qui retourne chaque année visiter Cuba, partage son espoir pour une amélioration des conditions de vie à Cuba.