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22/03/2016 08:01 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

« Le futur de Cuba repose entre les mains de son peuple », plaide Obama

Le président américain Barack Obama a appelé les Cubains à prendre leur futur en main lors d'un discours centré sur la démocratie et le changement, en matinée, au Grand Théâtre de La Havane, et retransmis en direct à la télévision d'État.

Au troisième jour de sa visite historique, Barack Obama a remercié le peuple cubain de son accueil chaleureux. Il a d'ailleurs été accueilli par un tonnerre d'applaudissement.

Dans la foulée des attentats de Bruxelles, le président américain a d'abord condamné les attaques « révoltantes ». « Nous devons nous unir, peu importe notre nationalité, pour combattre le terrorisme », a-t-il affirmé, avant de reprendre son discours.

« Je suis ici pour enterrer les derniers restes de la Guerre froide », a-t-il ajouté.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, le président américain a dressé la liste de ce qui rassemble les deux peuples mais aussi de ce qui les oppose. « Nous ne pouvons ignorer nos réels différends », a-t-il déclaré.

Les Cubains présents dans la salle du Grand Théâtre ont vivement réagi lorsqu'Obama a confirmé avoir demandé au Congrès américain de lever l'embargo, « ce qui était nécessaire pour la suite des choses », affirmait encore hier le président cubain Raul Castro.

« C'est un fardeau non seulement pour les Cubains, mais aussi pour les Américains qui veulent brasser des affaires à Cuba », a reconnu Obama.

N'empêche, la levée de l'embargo doit s'accompagner de réels changements que seuls les Cubains peuvent eux-mêmes apporter, a ajouté le président américain, faisant notamment allusion à la liberté d'expression.

Barack Obama a plaidé pour un meilleur accès à Internet pour les Cubains, qui pourront ainsi être exposés à différents points de vue et s'ouvrir sur le monde.

Selon lui, les Cubains doivent aussi pouvoir s'exprimer sans craindre la répression, critiquer le gouvernement sans avoir peur des conséquences. Il a même dit croire en la percée de la démocratie à Cuba.

« Ce sont des questions sensibles », a-t-il cependant reconnu, assurant que les États-Unis n'ont pas l'intention d'imposer ses changements à Cuba. « Les Cubains devront mener ces démarches par eux-mêmes », a répété Obama, qui s'est dit conscient que tous ne seraient pas d'accord avec lui.

Le gouvernement cubain assistait à son discours. Le président Raul Castro semblait malgré tout satisfait des paroles prononcées par son homologue américain.

Barack Obama doit s'entretenir plus tard avec des dissidents du régime cubain à l'ambassade américaine. Cette rencontre était l'une des conditions pour sa venue à Cuba.