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22/03/2016 08:32 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Le coeur de l'Europe attaqué par l'EI: au moins 34 morts, plus de 200 blessés dans des attentats à Bruxelles

L'organisation Etat islamique a revendiqué les attentats qui ont ensanglanté mardi matin Bruxelles, où des explosions coordonnées à l'aéroport international puis dans une rame de métro ont fait au moins 34 morts, plus de 200 blessés, et paralysé la capitale de l'Europe.

Une image des "suspects" des attentats de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, captée par une caméra de vidéo-surveillance, a été diffusée par les autorités belges: elle montre trois hommes poussant des chariots à bagages.

"Des combattants de l'État islamique ont mené une série d'attentats à l'aide de ceintures et d'engins explosifs mardi, prenant pour cible un aéroport et une station de métro dans le centre de la capitale belge Bruxelles, un pays participant à la coalition internationale contre l'État islamique" (EI), a affirmé l'Agence de presse Aamaq, liée au groupe jihadiste .

Il s'agit d'une attaque contre "notre société ouverte et démocratique", ont dénoncé les 28 pays de l'UE et les dirigeants des institutions européennes, dans un rare communiqué commun.

Elles surviennent alors que le groupe EI perd du terrain en Irak et Syrie, tout en se développant en Libye.

- 3ème bombe non explosée -

Les deux premières explosions sont survenues vers 08H00 (07H00 GMT) à l'aéroport, faisant 14 morts et 96 blessés à l'aéroport, selon les pompiers. L'une d'elles a "probablement" été causée par un "kamikaze", a indiqué le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw.

Selon le gouverneur de la province du Brabant Flamand, Lodewijk De Witte, "trois bombes avaient été introduites" dans l'aéroport, mais l'une d'elles "n'a pas explosé".

Un attentat commis une heure plus tard à l'intérieur d'une rame à la station de métro de Maelbeek, en plein quartier européen, a ensuite provoqué "probablement une vingtaine de décès" et 106 blessés, selon le maire de Bruxelles Yvan Mayeur.

Le bilan des pompiers était lui d'une "quinzaine de morts" et 72 blessés.

Ces attaques ont déclenché un relèvement de l'alerte antiterroriste à son niveau maximal, une fermeture jusqu'à mercredi de l'aéroport international de Bruxelles et un renforcement de la sécurité dans des aéroports à Londres, Paris, Francfort, Genève et Copenhague.

Le trafic du métro a également été suspendu à Bruxelles, siège de l'Union européenne et de l'Otan, qui était pratiquement à l'arrêt complet, la population étant appelée à éviter les déplacements.

Ces attentats surviennent quatre jours après la capture spectaculaire dans la commune bruxelloise de Molenbeek du Français Salah Abdeslam, seul survivant du commando auteur des attentats revendiqués par l'EI de novembre à Paris (130 morts), et désormais dans une prison belge de haute sécurité avant son transfèrement en France.

"Nous redoutions un attentat et c'est arrivé", a réagi le Premier ministre Charles Michel après ces attentats "aveugles, violents et lâches" en évoquant "un moment noir pour ce pays".

Le gouvernement belge a décrété un deuil national de trois jours.

- Cris en arabe -

Mardi matin, des tirs ont d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport international, avant qu'une personne ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins à l'AFP et à l'agence de presse Belga.

"Un monsieur a crié en arabe. Il a crié quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration", a témoigné Alphonse Lyoura, un employé de la sécurité des bagages.

C'était "une panique générale" et "beaucoup de personnes ont perdu des jambes", a déclaré à l'AFP un homme qui se trouvait à cinq mètres de l'explosion qui a provoqué des panaches de fumée au-dessus de l'aérogare.

Cheryl Miller, passagère en provenance de New York, a dit à l'AFP qu'elle était dans une file d'attente quand "il y a eu une énorme explosion et beaucoup de secousses. La poussière tombait des conduits d'aération. Nous avons tous couru pour nous protéger."

Selon un témoin cité par la radio publique francophone RTBF, les explosions ont eu lieu près d'une porte d'embarquement vers les Etats-Unis.

Moins d'une heure après l'aéroport, le métro était ciblé, une explosion soufflant une rame arrêtée à 300 mètres de la Commission européenne.

Une photo diffusée par la chaîne publique RTBF montrait une rame de métro éventrée, sièges déchiquetés, et parois calcinées, à la station frappée en pleine heure de pointe.

La déflagration a été telle qu'elle a provoqué l'écroulement de trois murs d'un parking souterrain attenant à la station de métro, a décrit le porte-parole des pompiers bruxellois.

"Il y a beaucoup de nationalités" parmi les blessés, a déclaré le maire de la ville, ajoutant que l'identification des victimes allait "prendre du temps" en raison de la situation "chaotique".

- Alerte antiterroriste maximale -

L'alerte antiterroriste est passée pour l'ensemble de la Belgique à son niveau maximal de 4, et l'aéroport de Bruxelles a été fermé "jusqu'à nouvel ordre". Le trafic du métro a été suspendu de même que le trafic des trains Thalys avec la France.

La sécurité des centrales nucléaires a été renforcée, a annoncé Belga.

La justice belge a demandé à la presse de ne pas communiquer sur l'enquête en cours, alors que des médias faisaient état de perquisitions dans la capitale et que Bruxelles craignait qu'il y "ait encore des personnes dans la nature".

Les attentats de Bruxelles ont créé une onde de choc ailleurs en Europe et entraîné des réunions d'urgence des gouvernements à Paris et Londres.

La sécurité a été rapidement renforcée dans les aéroports de Londres-Gatwick, Paris Charles-de-Gaulle, Genève, Francfort et Copenhague.

En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé un déploiement supplémentaire de 1.600 policiers et gendarmes. La sécurité a été renforcée autour des institutions européennes à Strasbourg (est) qui abrite le Parlement européen, et au Royaume-Uni, la police a renforcé sa présence "dans les endroits névralgiques".

"C'est toute l'Europe qui est frappée", a déclaré le président français François Hollande, tandis que depuis la Havane, le président américain Barack Obama a appelé le monde à "s'unir" face à ceux qui "menacent la sécurité" des peuples à travers le monde.

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