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22/03/2016 14:26 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

La question des prisonniers politiques à Cuba

Pris de court par la question d'un journaliste, Raul Castro a démenti lundi l'existence de prisonniers politiques à Cuba, des affirmations contestées par l'Eglise catholique et les dissidents.

En décembre 2015, date de son dernier rapport, la Commission cubaine des droits de l'homme (CCDH), organisation interdite mais tolérée présidée par le dissident Elizardo Sanchez, comptait 81 condamnés pour des motifs politiques sur l'île.

La CCDH tient aussi chaque mois le décompte des interpellations temporaires, auxquelles les autorités cubaines ont souvent recours pour couper l'herbe sous le pied des organisations de défense des droits de l'homme.

Celles-ci sont indésirables sur le territoire cubain, et ne sont pas en mesure d'établir des statistiques sur les détenus d'opinion sur l'île.

En janvier dernier, Amnesty accusait le gouvernement de Raul Castro de "harceler" des militants de l'opposition et de recourir aux détentions temporaires "pour les empêcher de participer à des manifestations ou des réunions".

Onze des 81 condamnés avaient été arrêtés lors du printemps noir de 2003, et bénéficient actuellement d'une liberté provisoire.

En décembre 2014 et janvier 2015, les autorités cubaines avaient libéré 53 prisonniers sur demande de Washington. La semaine ayant précédé la visite de Barack Obama, La Havane a libéré quatre d'entre eux qui avaient été de nouveau incarcérés.

La constitution cubaine de 1976 reconnaît les droits à la liberté de parole, de conscience, de réunion, de manifestation et d'association.

Toutefois, stipule-t-elle, aucune de ces libertés ne peut aller "à l'encontre de la constitution et de la loi, ni contre l'existence et la finalité de l'Etat socialiste".

Interdite par les autorités et privée d'accès aux médias officiels, la dissidence est considérée par les autorités cubaines comme un ensemble de "mercenaires" manipulés par des intérêts étrangers.

Du côté des autorités judiciaires, l'argumentaire est toujours identique. Tous les prisonniers sont accusés ou condamnés pour des délits de droit commun.

"En ce qui concerne la majorité de ceux qui se prétendent dissidents, ce sont des prisonniers de droit commun qui ont été enrôlés par des organisations contre-révolutionnaires, et qui reçoivent des rétributions directes ou indirectes", affirmait en décembre dernier le procureur général (chef du ministère public, ndlr) Dario Delgado.

Mais à la même époque, l'évêque Jorge Serpa, de la Commission pastorale pénitentiaire de l'Eglise catholique, confirmait à la revue catholique Palabra Nueva l'existence de prisonniers politique sur l'île.

"Oui nous avons des cas de prisonniers politiques, des personnes avec de longues condamnations dont j'ai demandé - et ne cesserai de le faire -, en tant qu'ecclésiastique, la révision".

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