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22/03/2016 05:35 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

L'accident d'Alonso à Melbourne, des pistes pour l'habitacle

Sans le vouloir, en partant en tonneaux au 17e tour du Grand Prix d'Australie, Fernando Alonso a rendu grand service à la FIA.

Un texte de Philippe Crépeau

Son accident, qui a détruit sa monoplace, a été l'occasion de poursuivre le débat sur la nécessité ou non de fermer le cockpit.

On l'a vu s'extraire assez rapidement de l'épave, apparemment indemne. Aurait-il pu s'extraire aussi vite de sa McLaren avec une structure de protection de type halo, comme celui de Ferrari vu à Barcelone lors des essais d'hiver ?

Les journalistes ont eu tôt fait de poser la question à Alonso, encore secoué, tout de suite après son accident. Il n'a pas voulu entrer dans le débat.

Son coéquipier Jenson Button a pris la balle au bond, en rappelant que « le risque qu'un pilote soit frappé à la tête en roulant était bien plus grand ».

Mais des questions se posent. La pièce de protection de type halo sera théoriquement munie d'un mécanisme d'ouverture. Pas comme le prototype de Ferrari qui était fixé à la carrosserie.

Si le halo se déforme dans l'impact, le mécanisme d'ouverture pourrait se coincer et empêcher le pilote de sortir. Le halo aurait-il cédé au premier impact, ou se serait-il arraché par la violence de l'impact ?

Aurait-il blessé le pilote espagnol en se déformant au moment de l'impact ? Les parois translucides du prototype Red Bull auraient-elles volé en éclats et blessé le pilote ?

L'accident de Fernando Alonso n'a pas été le seul moment du Grand Prix d'Australie qui a donné matière à réfléchir aux ingénieurs chargés de concevoir cette nouvelle pièce de protection.

Quand Kimi Raikkonen est revenu aux puits, victime d'une défaillance du turbo de son moteur, des flammes sortaient de la prise d'air, et léchaient le casque du Finlandais. Le personnel de Ferrari a vite éteint les flammes.

Si la Ferrari de Raikkonen avait pris feu en bord de piste loin des extincteurs des commissaires, aurait-il été gêné par le halo pour s'extraire de son cockpit ?

Le feu sera toujours le grand ennemi des pilotes, même si le réservoir d'essence a une structure déformable et n'explose plus à l'impact. Le feu peut surgir de la partie moteur, comme on l'a vu avec Raikkonen à Melbourne, et exiger une réaction rapide pour le circonscrire.

Voici pourquoi les pilotes doivent pouvoir s'extraire rapidement de leur habitacle. La FIA exige que le pilote puisse s'extraire en 5 secondes maximum (article 13.1.4 du livre des règlements techniques). Mais les protections à l'habitacle rendent l'exercice de plus en plus difficile.

Nécessité d'être facile à ouvrir

Un halo ne simplifiera pas la tâche des pilotes, au contraire. Ce qui est clair, c'est que cette nouvelle pièce de protection doit être amovible, et facile à repousser par le pilote en cas d'incident.

Le prototype que Ferrari a évalué à Barcelone a fait peur aux puristes. Qu'ils se rassurent. Il n'a rien à voir avec ce qui sera adopté par la FIA et intégré au cockpit des voitures.

Le prototype de Red Bull se rapproche beaucoup plus de la version qui devrait être adoptée. Un pare-brise protecteur qui n'empêche pas le pilote de s'extraire.

Mais d'autres questions surgissent.

La paroi translucide du prototype de Red Bull aurait-elle tenu le coup sous la force de l'impact ? Aurait-elle volé en éclats au risque de blesser le pilote ?

L'accident de Fernando Alonso a fait comprendre à la FIA qu'il fallait non seulement faire des tests de résistance aux débris (pièces de carrosserie, roues), mais également en cas de tonneaux de la voiture ou d'impact violent (contre un mur ou une autre voiture).

Les enseignements du Grand Prix d'Australie sont nombreux sur la meilleure solution à trouver pour garantir la sécurité du pilote dans son habitacle.