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22/03/2016 04:34 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Gabon: une opposante dénonce des pressions politiques après un contrôle fiscal

Une opposante gabonaise, Chantal Myboto Gondjout, a dénoncé mardi la fermeture de son hôtel de luxe à Libreville après un contrôle fiscal motivé, selon elles, par des raisons politiques, a constaté l'AFP.

Le Maïsha, résidence hôtelière de luxe située dans le quartier le plus huppé de Libreville, a été placé sous scellés lundi soir lors d'une descente des forces de l'ordre et d'agents de la direction générale des impôts (DGI), qui réclame 4.2 milliards de FCFA (6.4 millions d'euros) au titre d'un redressement fiscal.

"Nous savons pertinemment que la DGI n'est qu'un instrument de la présidence de la République pour régler ses comptes avec la résidence Maïsha, et plus particulièrement avec Chantal Myboto Gondjout", a déclaré l'intéressée à la presse devant les portes closes de son établissement, affirmant n'avoir aucune irrégularité à se reprocher dans la gestion de l'hôtel.

L'opposante est la fille de Zacharie Myboto, président de l'Union nationale, un des principaux partis d'opposition, après avoir été longtemps ministre d'Omar Bongo, qui a régné durant 41 ans sur le Gabon.

Elle est aussi la mère d'Onaida Maïsha Bongo Ondimba - issue d'une union avec Omar Bongo - qui a porté plainte pour "faux et usage de faux" en France contre l'acte de naissance de son demi-frère, l'actuel président Ali Bongo, dans le cadre de la succession du défunt président.

Cette plainte a été classée sans suite. Onaida, 25 ans, fille du défunt président, est une de ses 54 héritiers déclarés.

"Je sais très bien que l'élément déclencheur (de ce contrôle fiscal) est l'acte de naissance", a affirmé Chantal Myboto, avant d'interpeler le président Ali Bongo: "je veux que tu viennes me prouver de manière officielle devant tous les Gabonais que tu es réellement le fils d'Omar Bongo".

"Vous pouvez fermer le Maïsha, le combat que je mène est pour la libération du Gabon (...) Le Gabon est devenu une véritable jungle", a-t-elle ajouté.

Cette polémique entre partisans et opposants du pouvoir - dont beaucoup d'anciens caciques du régime - autour de l'état civil d'Ali Bongo, accusé d'être un enfant adoptif né au Nigeria, s'étale depuis bientôt un an dans la presse gabonaise.

La présidence a régulièrement démenti de telles assertions et a porté l'affaire en justice. Selon la Constitution, il faut être né Gabonais pour pouvoir briguer la magistrature suprême.

Le chef de l'Etat, élu en 2009 après le décès de son père, est candidat à un deuxième mandat pour la présidentielle prévue au second semestre 2016.

cl/jhd