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22/03/2016 03:32 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

France: le sort politique de Nicolas Sarkozy suspendu au sort judiciaire d'écoutes téléphoniques

La justice française se prononce mardi sur la légalité d'écoutes téléphoniques de l'ancien président Nicolas Sarkozy ayant conduit à son inculpation pour corruption et trafic d'influence, une décision qui pèsera sur ses ambitions politiques à un an de la prochaine présidentielle.

Si la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire, valide ces écoutes entre l'ex-chef d'Etat et son avocat, la perspective d'un procès se rapprochera pour Nicolas Sarkozy, 61 ans, battu par le socialiste François Hollande en 2012, avec le risque d'être frappé d'une peine d'inéligibilité.

Si elles sont annulées, il sera délivré de la plus embarrassante des affaires dans lesquelles il est cité. Mais la haute juridiction peut aussi renvoyer l'examen de la procédure devant une autre juridiction, ce qui lui offrirait un répit.

Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir d'un ex-magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret, dans un autre dossier dans lequel il a bénéficié par la suite d'un non-lieu. En contrepartie, l'ancien président promettait d'intervenir en faveur de M. Azibert pour lui faire obtenir un poste de prestige à Monaco.

L'affaire avait été révélée par la mise sur écoutes d'un téléphone portable acquis sous un faux nom (Paul Bismuth) par l'ancien président et dont il se servait pour communiquer avec l'un de ses avocats, Thierry Herzog.

M. Sarkozy s'inquiétait de connaître l'utilisation que la justice entendait faire de ses agendas saisis dans le cadre du dossier tentaculaire ouvert pour abus de confiance au détriment de la milliardaire Liliane Bettencourt, dans lequel M. Sarkozy avait été un temps inquiété avant d'être mis hors de cause.

Mis en examen (inculpé) pour corruption et trafic d'influence en juillet 2014 su la base de ces écoutes, l'ancien président argue que la tractation ne s'est pas concrétisée et qu'il n'a donc rien à se reprocher. Pour les enquêteurs, ce revirement peut cependant s'expliquer par le fait que Me Herzog et lui venaient d'apprendre que leurs téléphones avaient été placés sur écoute.

- Autorité contestée -

Quelle que soit la décision de la cour de cassation, les ennuis judiciaires ne seront pas terminés pour M. Sarkozy, également inculpé le 16 février pour financement illégal de sa campagne de 2012.

La justice soupçonne que ses comptes de campagne ont été truqués pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses de 22,5 millions d'euros.

Sa stratégie de reconquête du pouvoir est également mise à mal au sein du parti de droite Les Républicains, dont il a pris la tête en novembre 2014 mais où son autorité est de plus en plus contestée. Sa personnalité clivante et son positionnement très à droite suscitent des réticences à quelques mois d'une primaire prévue fin novembre pour désigner le candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017.

Son ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, 70 ans, dont le profil consensuel séduit un pays fragilisé par l'incapacité de l'exécutif socialiste à tourner la page de la crise économique, le devance largement dans les sondages (41% contre 23%), selon une enquête de l'institut Odoxa parue dimanche.

D'autres de ses ancien ministres se sont aussi déclarés contre lui, dont Bruno Le Maire, 46 ans qui recueille 16% d'intentions de vote, et son ancien Premier ministre François Fillon (9%).

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