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22/03/2016 04:47 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

France: le patronat refuse une loi travail "dénaturée"

Sept organisations patronales françaises ont affirmé mardi que le projet de réforme du code du travail, appelé loi travail, modifié la semaine dernière par le gouvernement sous la pression des syndicats et de la gauche, a été "dénaturée et n'était "pas acceptable en l'état".

Lors d'une conférence de presse commune, à deux jours de la présentation du texte en Conseil des ministres, ces organisations ont lancé "un appel solennel" au Premier ministre Manuel Valls et réclamé notamment le rétablissement du plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif.

La nouvelle version du texte a "dénaturé" le projet initial, a déclaré Pierre Gattaz, président du Medef, principale organisation patronale, qui craint aussi un "détricotage" du projet de loi lors de l'examen parlementaire, prévu à partir de fin avril. Si le texte devait être voté en l'état, "il ne nous intéresse plus", a déclaré de son côté François Asselin, numéro un de la CGPME (petites et moyennes entreprises).

Les entrepreneurs estiment notamment qu'aucune mesure ne concerne les petites et très petites entreprises.

Le gouvernement socialiste de Manuel Valls a lâché du lest sur son projet de réforme du droit du travail, très contesté car jugé trop libéral par les syndicats de salariés et des organisations étudiantes qui ont manifesté le 17 mars dans tout la France.

La nouvelle version du texte renonce à créer un plafond pour les indemnités que les juges peuvent attribuer aux salariés en cas de licenciement abusif. Et contrairement à ce qui avait été envisagé initialement, elle n'autorisera pas un employeur de petite ou moyenne entreprise à introduire unilatéralement des souplesses dans le temps de travail.

Le texte ainsi amendé, qui doit être présenté jeudi en Conseil des ministres, a un peu apaisé les inquiétudes des syndicats réformistes mais les syndicats contestataires ne désarment pas, appelant à une nouvelle journée d'actions le 31 mars.

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