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22/03/2016 00:58 EDT | Actualisé 22/03/2017 01:12 EDT

Communications toujours coupées au Congo deux jours après la présidentielle

Les télécommunications étaient toujours coupées mardi au Congo, deux jours après la présidentielle dont les résultats pourraient être annoncés dans la journée, ont constaté des journalistes de l'AFP à Brazzaville.

A 09H00 (08H00 GMT), l'accès aux services d'internet mobile, de sms et de téléphonie cellulaire était toujours impossible dans la capitale.

Les autorités avaient annoncé samedi la coupure de toutes les communications dans le pays pour 48 heures, dimanche et lundi "pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales", afin d'empêcher l'opposition de publier des "résultats illégaux".

Dimanche, le chef de l'Etat sortant, Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans de pouvoir, a brigué un nouveau mandat, quelques mois après un changement de constitution lui ayant permis de se représenter, et que l'opposition a qualifié de "coup d'Etat constitutionnel".

Jugeant à l'avance le scrutin biaisé, cinq candidats d'opposition se sont engagés à soutenir celui d'entre eux qui se retrouverait en ballottage face à M. Sassou Nguesso, qui, lui, a promis d'être élu dès le premier tour.

Ils ont créé une "commission technique" parallèle (CTE) pour surveiller le déroulement du vote et compiler les informations à la sortie des bureaux afin de les comparer aux résultats que doit fournir la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) à l'Etat.

Lundi après-midi, le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, avait déclaré à l'AFP que "le résultat [du scrutin serait] publié dans les heures ou les jours qui viennent par les autorités compétentes", c'est-à-dire, le ministre de l'Intérieur.

Jugeant que les conditions n'étaient pas réunies pour permettre un scrutin "démocratique" et "transparent" l'Union européenne (UE), avait renoncé à envoyer des observateurs électoraux.

Lundi, elle a encouragé "tous les acteurs politiques à recourir aux voies légales pour résoudre leurs différends" et appelé les autorités à rétablir les moyens de communication.

Affirmant avoir noté "de nombreux rapports d'irrégularités qui constituent une source d'inquiétude quant à la crédibilité du processus" électoral, le département d'Etat américain a exhorté lundi les Congolais "à faire preuve de patience" et demandé "à tous les dirigeants politique de renoncer à la violence et appeler leurs partisans au calme".

mj/jhd