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22/03/2016 11:49 EDT | Actualisé 23/03/2017 01:12 EDT

Colombie: l'ONU alerte sur la violence d'autres groupes armés après les Farc

La violence de groupes armés après la signature éventuelle d'un accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des Farc est un défi pour la Colombie, a alerté mardi le Bureau du haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme (OHCHR).

Dans son rapport annuel sur la situation humanitaire dans ce pays, l'OHCHR salue les progrès des pourparlers de paix entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes). Mais il souligne le risque que d'autres groupes armés occupent le terrain laissé libre par la guérilla.

"Il est possible de prévoir que la fin des hostilités et la démobilisation de la guérilla puissent générer une vacance de pouvoir et des affrontements pour contrôler les revenus illicites (dérivés du trafic de drogue, de la traite des personnes, de la prostitution, de l'activité minière, du détournement de fonds publics, entre autres)", selon ce rapport.

L'OHCHR ajoute que les personnes chargées de la mise en oeuvre de l'accord de paix et les guérilleros démobilisés "pourraient être vulnérables" aux agressions des groupes armés.

"Divers intérêts locaux et groupes qui s'opposent aux changements promus par le processus de paix usent déjà de la violence et de l'intimidation", déplore-t-il.

Dénonçant des atteintes "aux droits de l'homme et à la sécurité citoyenne", il estime que le démantèlement des bandes armées, issues pour certaines de la démobilisation des paramilitaires au début des années 2000, "constitue un défi permanent pour la paix".

L'OHCHR met aussi en garde contre les "manoeuvres dilatoires" des avocats de militaires jugés pour des exécutions extra-judiciaires et précise que "7.773 membres de l'armée de terre ont été mis en cause dans ce type d'affaires qui concernent 4.392 victimes".

Enfin, il appelle le gouvernement et l'Armée de libération nationale (ELN), seconde guérilla du pays, à avancer vers des "conversations formelles" de paix suite aux dialogues préliminaires entamés en 2014, mais bloqués.

Depuis les années 60, le conflit armé colombien a impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, sur fond de violence des narco-trafiquants, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,6 millions de déplacés.

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