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22/03/2016 09:02 EDT | Actualisé 22/03/2016 09:14 EDT

10e édition du Festival TransAmériques: une programmation faste (VIDÉO)

Burlesque, osé, radical, étonnant ou subversif: le programme de 10e Festival TransAmérique (FTA) célèbre une décennie de langage multidisciplinaire aux antipodes du consensuel. En plus des pièces du Suisse Christoph Marthaler, de l’habitué Denis Marlaud et du chorégraphe français Jérôme Bel déjà annoncé en février dernier, l’événement proposera en tout 25 spectacles dont 10 premières mondiales.

La conférence de presse mardi a permis au festival d’afficher officiellement ses nouvelles couleurs. Un nouveau logo plus éclaté et une nouvelle vitrine internet illustrent la vitalité d’une manifestation artistique qui se savoure aussi bien à travers la danse qu’à travers le théâtre.

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La table était donc mise pour le dévoilement de la programmation complète. «C’est le couronnement de 18 mois de travail afin de concocter un programme comme celui-ci», a déclaré d’emblée Martin Faucher, le codirecteur général et directeur artistique.

Et quel programme! Du 26 mai au 8 juin, des créations contemporaines hétéroclites et inattendues vont investir la scène montréalaise. On savait déjà que la danseuse Louise Lecavalier était de retour avec Mille batailles, une réinterprétation vigoureuse du Chevalier inexistant. Sur scène accompagnée de Robert Abubo, la célèbre artiste se lance dans une performance emplie de chimères. À voir absolument!

Un autre retour remarqué, celui de Romeo Castellucci. Après la présentation de Sur le concept du visage du fils en 2012, l’artiste italien propose Go Down Moses, une œuvre ambitieuse qui s’empare du mythe de Moïse pour un voyage dans l’histoire de l’humanité.

On se souvient encore de son (M)imosa et Antigone Sr. qui a marqué durablement les esprits. Le New-Yorkais Trajal Harrell et ses danseurs viennent clore le cycle avec Judson Church is Ringing in Harlem, une rencontre originale entre formalismes postmodernes et la flamboyance des voguers.

De l’intelligence artificielle à la chasse-galerie

Avec Jamais assez, Fabrice Lambert combine chorégraphique fine et énergie explosive. Quant aux cinq corps de la troupe torontoise Multiform(s), ils pulsent, se balancent et ondulent en hommage au peintre Mark Rothko. Une performance que l’on nous annonce à la fois magnétique et hypnotique.

Le Québec ne sera pas en reste avec neuf créations coproduites par le FTA. Le dramaturge Maxime Carbonneau transforme l’assistante vocale personnelle intégrée dans tous les iPhone en véritable interlocutrice. En 2013, le réalisateur Spike Jonze avait tenté l’expérience cinématographique dans sa romance Her. Le Québécois donne sa version féminine et théâtrale avec sa nouvelle production SIRI dans un jeu de questions-réponses où la comédienne Laurence Dauphinais sonde à son tour les réactions de la machine.

J’aime Hydro permet à Christine Beaulieu de mener une enquête sur les relations «amoureuses» qu’entretiennent les Québécois avec la société d’État Hydro-Québec. De son côté, l’auteur Étienne Lepage, avec la complicité du chorégraphe Frédérick Gravel, affronte le chaos humain dans Logique du pire.

Fin de série est l’occasion pour Manon Oligny de mettre en scène des filles aux allures identiques luttant contre leur annihilation. Un huis clos obsédant et surtout une critique cinglante sur notre quête de perfection.

Toujours en théâtre, les Italiens Daria Deflorian et Antonio Tagliarini offrent deux pièces troublantes: Nous partons pour ne plus vous donner de soucis et Reality. Les membres du Puppentheater Halle apportent leurs marionnettes pour nous livrer The Ventriloquists Convention, une réunion de ventriloques spectaculaire et déjantée.

L’amour compliqué à la française est le sujet de Nos serments de la Parisienne Julie Duclos. Quant aux Néo-Écossais, Stewart Legere et Christian Barry (Let’s Not Beat Each Other to Death), ils nous donnent leur définition de l’amour utopique, à travers le chant psalmodique.

Enfin, le touche-à-tout 2Fik s’amuse à revisiter la légende québécoise de la chasse-galerie sous la lorgnette de l’immigration. Pendant trois jours, l’artiste queer transformera la place des festivals en un vaste studio de photographie à ciel ouvert. Une performance à suivre en direct.

Détails sur la programmation: fta.ca