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19/03/2016 23:35 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Zinsou contre Talon: le Bénin élit son nouveau président

Les Béninois choisissent dimanche qui du Premier ministre sortant Lionel Zinsou ou de l'homme d'affaires Patrice Talon succédera au chef de l'Etat Thomas Boni Yayi, qui se retire après deux mandats, conformément à la Constitution.

Quelque 4,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle dans ce petit pays ouest-africain, premier État d'Afrique francophone à avoir entamé une transition démocratique au début des années 1990.

Les 7.908 bureaux de vote du pays ont commencé à ouvrir vers 07H00 (06H00 GMT) et devaient fermer à 16H00 (15H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus dans les trois jours après le scrutin.

Trente-trois candidats - un record - se sont présentés lors du premier tour de cette élection, qui s'est déroulée dans le calme le 6 mars. Le banquier d'affaires franco-béninois Lionel Zinsou est arrivé en tête, suivi de très près par le "roi du coton" Patrice Talon (27,11% contre 23,52%).

Les deux candidats devaient voter à Cotonou, la capitale économique, dans la matinée: M. Talon était attendu vers 11H00 à l'école primaire Charles Guillot du quartier de Zongo, alors que M. Zinsou a prévu de se rendre au collège Océan, dans le quartier Cocotiers, aux alentours de 11H30.

Dans la grande école primaire publique du quartier de Cadjehoun, à Cotonou, qui rassemble une dizaine de bureaux de vote, des queues se formaient dans la grande cour en terre battue.

"Nous voulons un changement profond, c'est pour cela que je suis venue très tôt pour voter", explique à l'AFP Viviane Ogunladji, une des premières à déposer son bulletin dans l'urne.

Outre le chômage, notamment des jeunes, la corruption, la santé et l'éducation sont les principaux défis que devra relever le successeur du président Boni Yayi.

Peu diversifiée, l'économie de ce pays de 10,6 millions d'habitants s'appuie essentiellement sur l'agriculture et le commerce de transit et de réexportation vers son grand voisin et principal partenaire, le Nigeria.

M. Zinsou, 61 ans, est le candidat des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE, au pouvoir), et a été adoubé par deux grands partis d'opposition, rassemblant derrière lui une grande majorité de députés de l'Assemblée Nationale.

Ce soutien ne s'est pourtant pas traduit par un large succès au premier tour, où il a devancé son principal rival d'à peine 100.000 voix.

- La 'rupture' en Porsche -

Pour le second tour, M. Talon, un "self-made man" de 57 ans devenu un des plus influents entrepreneurs du pays, bénéficie quant à lui du précieux soutien de 24 candidats au premier tour, dont Sébastien Ajavon, l'autre homme d'affaires candidat, qui a fait fortune dans l'agro-alimentaire et s'est imposé comme le troisième homme du premier tour en obtenant 22% des voix.

M. Zinsou, ancienne plume du Premier ministre socialiste français Laurent Fabius dans les années 1980, a quitté son poste à la tête de PAI Partners, un des plus gros fonds d'investissement européens, pour devenir Premier ministre du Bénin en juin 2015.

Il dit vouloir mettre à profit sa brillante carrière internationale et son gigantesque carnet d'adresses pour développer le Bénin. Mais ses détracteurs, qui le traitent de "yovo", "le Blanc", lui reprochent d'être "parachuté" par Paris, l'ancien colonisateur, pour raviver les réseaux de la "Françafrique".

M. Talon, qui s'est rendu aux urnes le 6 mars au volant de son coupé Porsche, tient à son image d'homme d'affaires prospère et dit incarner "la rupture".

Entrepreneur incontournable au Bénin, contrôlant le secteur clé du coton et la gestion du port de Cotonou, Patrice Talon a financé les deux campagnes de M. Boni Yayi avant de devenir son ennemi public numéro un.

"Notre pays est indépendant et ne sera jamais recolonisé par quiconque", a tenu à rappeler M. Zinsou lors d'une ultime conférence de presse, vendredi soir, avant la fin officielle de la campagne à minuit. "Nous allons combattre la misère et l'éradiquer, c'est ça l'enjeu des cinq prochaines années".

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