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19/03/2016 06:52 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

RDC: 18 militants arrêtés le 15 mars relâchés à Goma

Dix-huit militants de la société civile arrêtés lors d'une marche silencieuse mardi à Goma, ville de l'est de la République démocratique du Congo, ont été relâchés samedi après avoir payé une caution, a-t-on appris auprès de leur mouvement.

"Nos 18 camarades qui étaient arrêtés à Goma mardi 15 mars viennent d'être relâchés par le parquet sous caution. Petite victoire", écrit le mouvement Lutte pour le changement (Lucha) sur son compte twitter.

"Nous avons payé chacun une amande de 30.000 francs congolais (32 dollars)", a déclaré à l'AFP Antoine Wasingia, un des militants relâchés.

"Nous n'avions pas l'intention de payer cette caution parce que nous sommes conscients que nous n'avons pas commis d'infraction. Ce sont nos familles qui ont eu peur pour notre vie et ont payé pour notre libération", a-t-il ajouté.

Membres du mouvement des jeunes indignés Lucha, basé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (est de la RDC), les 18 militants ont été arrêtés lors d'une marche silencieuse réclamant la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala.

MM. Bauma et Makwambala sont deux militants de la société civile détenus depuis un an à Kinshasa après leur arrestation le 15 mars 2015 lors d'une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par le mouvement Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté.

Fred Bauma (26 ans) est un des principaux animateurs de Lucha, mouvement des jeunes indignés décidés à demander des comptes aux dirigeants congolais et adhérant à Filimbi, et Yves Makwambala (32 ans), est le webmaître et graphiste de Filimbi.

Les deux hommes sont poursuivis pour complot contre le président Joseph Kabila. Ils observent une grève de la faim depuis mardi pour dénoncer leur détention "illégale" par la justice congolaise.

Le climat politique est très tendu en RDC, alors que s'éloigne la perspective d'une élection présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année.

L'opposition soupçonne M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir demeurer à la tête du pays au terme de son mandat en décembre, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

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