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19/03/2016 04:03 EDT | Actualisé 20/03/2017 01:12 EDT

Présidentielle aux Comores: campagne du second tour sur fond d'alliances incertaines

Le président comorien Ikililou Dhoinine a donné vendredi le coup d'envoi du second tour de la campagne pour l'élection présidentielle du 10 avril, dont il espère qu'il se déroulera dans "un climat apaisé."

"Je me réjouis que les Comoriens aient su surmonter les difficultés du premier tour pour faire prévaloir l'intérêt général et sauver le processus dans un climat apaisé", a-t-il déclaré dans une allocution radiotélévisée.

Le second tour voit s'affronter les trois candidats arrivés en tête le 21 février, selon les chiffres définitifs: le candidat du pouvoir, l'actuel vice-président Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou (17,88%), le gouverneur de l'île de Grande-Comore, Mouigni Baraka (15,62%), et l'ancien président, le colonel Azali Assoumani (15,10%).

Soutenu par le grand parti d'opposition Juwa (Soleil) de l'ex-président Ahmed Abdallah Sambi, Me Fahmi Said Ibrahim est arrivé en 4ème position (14,86), provoquant une vive protestation de l'ex-président.

Dix-neuf des vingt-cinq prétendants - parmi lesquels le colonel Assoumani, Mouigni Baraka et le candidat de Juwa, arrivés respectivement en 2e, 3e et 4e position - se sont regroupés dans un collectif pour dénoncer les irrégularités et la fraude en faveur du candidat du pouvoir.

"Nous, Juwa, contestons ces résultats... Nous avons les preuves qu'il y a eu de la triche", avait déclaré l'ex-président Sambi, exigeant "un recompte des voix en présence de représentants des candidats".

Aucun des trois candidats n'est assuré de l'emporter, et les négociations pour le second tour sont en cours, quatre candidats ayant déjà annoncé leur ralliement à Mamadou.

Dans cette pêche aux voix, le parti Juwa et son réservoir électoral à Anjouan, une des trois îles de l'Union des Comores, est susceptible d'emporter la décision le 10 avril est l'objet de toutes les attentions.

Tous les candidats sont originaires de la Grande-Comore selon la règle constitutionnelle d'une présidence tournante entre les trois îles de l'Union des Comores: Anjouan, Grande-Comore, Mohéli.

Alors que les primaires ont eu lieu sur la seule Grande-Comore, l'île à qui échoit la présidence jusqu'en 2021, le second tour se déroulera sur l'ensemble du territoire. La presidentielle est couplée avec l'élection des gouverneurs des îles.

Plusieurs incidents ont émaillé la campagne depuis la validation des résultats par la Cour constitutionnelle le 5 mars, dont notamment l'incendie de véhicules appartenant à des proches du pouvoir ont été incendiés.

am/fra/jhd